La parole à Sabine Hansen, présidente du « Kienbaum female desk » chez Kienbaum Consultants International

« Constituer un réservoir de talents en interne demande du travail »

le 05/10/2017 L'AGEFI Hebdo

Sabine Hansen, présidente du « Kienbaum female desk » chez Kienbaum Consultants International

Les banques que vous accompagnez dans leurs recrutements sont-elles sensibles au manque de femmes à des postes de direction ?

Oui, quand nous recevons une demande pour pourvoir un poste à hautes responsabilités, nos clients insistent pour avoir un certain nombre de candidates dans la liste restreinte. Il y a deux facteurs. D’une part, les quotas qui, même s’ils concernent surtout le conseil de surveillance, ont une influence plus large car ils ont permis d’ouvrir un débat public. D’autre part, l’évolution du modèle des banques, sous la pression de la révolution numérique, les pousse à chercher des talents venant d’ailleurs, par exemple des start-up ou des fintech, ce qui favorise indirectement les femmes.

Recruter en externe est-il suffisant pour féminiser la direction d’une banque ?

Constituer un réservoir de talents en interne demande beaucoup de travail : l’équipe dirigeante doit être réellement engagée en faveur d’un tel développement, il faut bâtir des programmes. Avoir recours à un recrutement externe est une solution de facilité mais il faut faire attention car l’arrivée d’une femme à un poste élevé dans une organisation qui n’a pas fait évoluer sa culture peut se solder par son départ dans les 24 mois. Il faut un changement de culture en interne, pour s’assurer que la diversité au sens général soit acceptée et bienvenue. Nous aidons d’ailleurs un certain nombre de nos clients à développer en interne la représentation féminine à tous les niveaux de management.

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