L’avis de... Audrey Blamèble, directrice chez Siltéa, auteur de l’étude « Digital et fintech, quelles évolutions pour la gestion privée ? »

« L’enjeu réside dans la formation et l’acculturation »

le 06/04/2017 L'AGEFI Hebdo

  Quel est l’impact RH de la « digitalisation » dans le métier de banquier privé ?

Les freins psychologiques et humains face à la « digitalisation » sont assez présents dans la banque privée où l’univers est empreint d’une grande discrétion, de personnalisation de la relation et d’une organisation managériale hiérarchisée. Et il faut dire que les banques privées ont réagi avec retard à la « digitalisation » : elles ont longtemps ignoré le phénomène, notamment en considérant que le « digital » ne correspondait pas à leur positionnement de service haut de gamme. Aujourd’hui, le rôle du banquier privé évolue. Il doit se mettre, en termes d’aptitude sur les outils numériques, au même niveau que ses clients qui sont en demande de services « digitaux ». Il doit trouver sa place en alternant les moments de relation avec son client, à la fois sur le plan « digital » et physique. Il doit aussi s’adapter à la typologie de clientèle, qui, elle aussi, change : mobile, connectée, entrepreneuriale…

Les banques privées mettent-elles l’accent sur la formation ?

L’enjeu réside dans la formation et l’acculturation des banquiers privés à la « digitalisation ». En effet, un effort d’accompagnement au changement est nécessaire pour dédramatiser la transformation numérique auprès d’un métier qui exige séniorité et expérience. Pour cela, certains acteurs pratiquent le « reverse mentoring » (tutorat inversé avec des juniors qui forment des seniors), proposent des formations sur la façon d’augmenter leur visibilité sur les réseaux sociaux professionnels, interviennent lors de « webinars »…

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