L’avis de… Marc Bartel, managing partner de la division juridique en Europe du cabinet de chasse de têtes Heidrick & Struggles

« Les machines permettent d’automatiser les travaux les plus simples »

le 09/02/2017 L'AGEFI Hebdo

  Comment expliquez-vous l’arrivée progressive de l’intelligence artificielle dans les cabinets d’avocats d’affaires ?

Le modèle des cabinets d’affaires est fondé sur un système pyramidal ; on intègre de jeunes collaborateurs qui évolueront jusqu’à l’association éventuelle mais qui, à leur arrivée, sont chargés des tâches à faible valeur ajoutée. Cela ne les empêche pas de représenter dès le départ un centre de coûts important pour les firmes. Or les clients ne veulent plus se voir facturer les heures de recherche. Les machines permettent donc d’automatiser les travaux les plus simples. Le but est de parvenir à rentabiliser le travail basique et routinier, et d’optimiser le travail à haute valeur ajoutée.

Est-ce également le cas au sein des directions juridiques de grands groupes ?

On demande actuellement aux directeurs juridiques de faire plus avec moins de moyens, donc la question se pose. Il s’agit de trouver les ressources intellectuelles et humaines pour développer un logiciel ad hoc, qui permettrait notamment d’accélérer la production de documents types. Cela se justifierait particulièrement dans les banques, où les juristes produisent un grand nombre de fois le même document standard. Mais un tel projet représenterait un investissement important sur le plan financier et en termes de temps, notamment parce que les phases de test sont relativement longues.

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