L’avis de… Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures

« Assurer la cohérence et l’efficacité de la gestion des ressources humaines »

le 26/01/2017 L'AGEFI Hebdo

De grands acteurs de l’assurance tels qu’AG2R La Mondiale, Covéa ou la Macif se dotent de nouveaux statuts sociaux. Pour quelles raisons ?

AG2R La Mondiale, Covéa et la Macif sont des entreprises hétérogènes sur le plan des statuts sociaux et/ou de l’organisation interne. Cela est notamment lié à leur histoire : AG2R La Mondiale et Covéa sont des « mille-feuilles » d’institutions de protection sociale, de mutuelles et de sociétés d’assurances issues de différentes fusions. Quant à la Macif, c’est un acteur dont le fonctionnement était (et est encore pour partie) décentralisé, avec des pôles régionaux qui ont des moyens de gestion et des compétences habituellement centralisés. Ce qui l’empêche de profiter à plein de l’effet de taille critique. Aujourd’hui, l’enjeu pour ces entités est d’avoir la capacité à déployer une dimension « groupe ». C’est une condition essentielle pour assurer la cohérence et l’efficacité de la gestion des ressources humaines, afin de pouvoir encourager les mobilités intragroupe par exemple.

Les mobilités internes devraient-elles être facilitées ?

Il y a un enjeu d’efficience des processus, de productivité et de rationalisation des coûts. Ces groupes doivent mettre sur pied des usines transversales, comme l’a réalisé Covéa avec Covéa AIS (Assistance Indemnité Services), le pôle de gestion des sinistres de GMF, Maaf et MMA. Cette stratégie peut aussi s’étendre à des fonctions comme le marketing, les systèmes informatiques, la gestion des contrats, etc. Mais cela ne peut être mis en œuvre que si les salariés acceptent des mutations, des mobilités.

Comment se passe le dialogue social ?

Les acteurs de l’assurance et de la protection sociale sont historiquement des entreprises plutôt respectueuses des salariés et du corps social. Les plans sociaux sont relativement rares, il n’y a pas de « casse sociale ». Ces groupes ont une grande expérience du dialogue social, les partenaires sociaux sont associés en amont sur les grandes réflexions, et lorsque ces dernières sont bien expliquées aux organisations syndicales, elles sont acceptées.

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