Dossier VOYAGES D'AFFAIRES

Le train s’impose comme une réelle alternative à l’aérien

le 08/07/2010 L'AGEFI Hebdo

Les compagnies ferroviaires multiplient les initiatives pour séduire une clientèle professionnelle de plus en plus adepte du rail.

Confort, ponctualité, rapidité. Les atouts du train séduisent de plus en plus les professionnels dans le cadre de leurs voyages d’affaires. Porté par le développement de lignes à grande vitesse, en France comme en Europe, ce mode de transport tend même à s’imposer comme une réelle alternative à l’aérien sur un grand nombre de destinations. « C’est une tendance de fond, remarque Marc Leidelinger, président-fondateur de Frequent Flyer Travel Paris, une agence spécialisée en voyages et tourisme d’affaires. Il y a un basculement naturel à la fois pour des aspects pratiques et par les politiques voyages d’affaires des entreprises. » Outre des considérations liées au développement durable, encore marginales dans les politiques voyages, les entreprises se montrent en effet vigilantes en matière de coûts liés aux déplacements professionnels. Désormais, beaucoup imposent donc le train pour tout trajet inférieur à trois heures. Résultat : sur certaines destinations, il a clairement supplanté l’avion. « Dans certaines sociétés, un an après l’ouverture de la ligne TGV vers Marseille, nous avons constaté un basculement de 30 % à 70 % de parts de marché pour le train », avance Marc Leidelinger. Entre Paris et Londres, depuis le lancement de l’Eurostar, « l’aérien n’a plus que 20 % à 30 % de parts de marché, contre 50 % il y a dix ans », poursuit-il. Le recours au rail est encore plus flagrant pour les petites et moyennes entreprises (PME). « En termes de commandes, le train représente toujours 70 % des voyages d’affaires », observe Christophe Derumez, président d’Avexia Voyages, spécialiste des déplacements professionnels pour les PME-PMI (lire l'encadré).

De nouveaux services

La crise a pourtant aussi affecté l’activité des compagnies ferroviaires, telle la SNCF qui a connu une baisse de trafic. « Les dessertes internationales ont connu une chute accélérée dès octobre 2008, Eurostar enregistrant une baisse de 20 % de son chiffre d’affaires à fin 2009 », reconnaît même Valérie Assayag, directrice des ventes agences de voyages et entreprises pour la SNCF. Depuis, au-delà de l’effet passager lié au nuage volcanique d’avril, la compagnie connaît une réelle reprise. « A fin avril, nous avons retrouvé notre chiffre d’affaires de 2008 et le mois de mai a été particulièrement bon, avec davantage de voyages d’affaires », annonce-t-elle.

Cet intérêt croissant pour le train ne doit rien au hasard. Au cours des dernières années, les compagnies ferroviaires ont réalisé d’importants progrès techniques pour raccourcir les temps de trajet. Ainsi, Londres n’est qu’à 2h15 de Paris, Amsterdam et Cologne à 3h15. Des innovations qui « pourraient provoquer quelques décisions de basculement » du ciel vers le rail, note le baromètre européen 2009 des voyages d’affaires d’American Express. D'autant plus que sur le front des services, les compagnies ont multiplié les initiatives pour séduire et fidéliser les voyageurs d’affaires : programme de fidélisation pour Thalys et Eurostar, généralisation du wifi dans les rames, réservation de taxis à bord des trains. « Il y a des intentions mais c’est long et lent, regrette toutefois Marc Leidelinger. Il y a encore du retard en la matière. » Un point que la SNCF entend bien combler avec le lancement, en juin dernier, de son service e-billet. « C’est le changement le plus important pour les clients professionnels, ce service étant extrêmement attendu, explique Valérie Assayag. Il leur permet de ne plus passer à une borne pour retirer leur billet électronique et de ne plus composter leur billet. Ce service offre une plus grande souplesse dans l’usage du train. » Une manière supplémentaire de rendre le transport ferroviaire plus attractif aux yeux des voyageurs d’affaires.

A lire aussi