Dossier Formations en finance

La certification de l’AMF s’invite dans les programmes

le 14/10/2010 L'AGEFI Hebdo

Plusieurs écoles aident leurs étudiants à se préparer pour passer cet examen spécifique.

Depuis le 1er juillet dernier, les étudiants fraîchement émoulus doivent se conformer à la nouvelle obligation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) : faire certifier leurs connaissances réglementaires et techniques pour exercer certains métiers (vendeur, gérant, responsable de la compensation d’instruments financiers, responsable du post-marché, compensateur, analyste, négociateur, responsable de la conformité et du contrôle interne). Sans cette certification professionnelle, il leur est impossible d’occuper ces fonctions ! L’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), l’IAE (Institut d'administration des entreprises) de Paris, les universités de Paris-Dauphine et d’Evry ont donc choisi de les aider en les orientant vers un centre d’examen certifié, le plus souvent Bärchen ou l’alliance de l’Association française de la gestion financière (AFG) avec le Centre de formation de la profession bancaire (CFPB). « Les écoles ont le souci de préparer leurs étudiants à cette condition d’employabilité supplémentaire », explique Olivier Robert de Massy, directeur du CFPB. « Nos étudiants passent l’examen en fin de scolarité, précise de son côté Jean-David Fermanian, professeur de finance à l’Ensae. Cette certification est un label de qualité qui leur donne un avantage sur le marché du travail. » Le plus souvent, les futurs financiers étudient un gros abrégé des marchés financiers et s’entraînent en temps réel, via des plates-formes en ligne, à répondre à un questionnaire à choix multiple d’une durée de trois heures (lire l’encadré). L’objectif : retenir le maximum d’éléments sur douze thématiques définies par le gendarme de la Bourse.

Déontologie et réglementation

« La première semaine de janvier est consacrée à la préparation de l’examen, soit une trentaine d’heures de cours », explique Sofiane Aboura, maître de conférence en finance et directeur du master 268 Banque d’investissement et de marché à Paris-Dauphine, qui devrait créer sa propre certification pour l’ensemble de ces masters spécialisés. « Le corps professoral doit intégrer dans ses cours des notions relatives à la certification, ajoute Sofiane Aboura. Par exemple, le cours d’éthique doit contenir les réglementations européennes en matière de conflits d’intérêts. » Pour autant, cette nouvelle obligation n’a pas bouleversé les maquettes pédagogiques elles-mêmes, la majorité des masters spécialisés ayant déjà renforcé les enseignements sur la déontologie et les réglementations. « Les masters incorporaient déjà beaucoup les aspects réglementaires », confirme Olivier Robert de Massy. Reste que pour Eric Normand, PDG de Bärchen, « les étudiants ont de bonnes connaissances techniques mais pèchent un peu au niveau réglementaire. Ils vont vite comprendre que la certification ne constitue pas simplement une ligne de plus sur leur CV, mais la preuve qu’ils sont rapidement opérationnels. » A bon entendeur…

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