L’avis de… Dominique Gatto, associé chez Oliver Wyman

« Tester des modèles qui s’inspirent du concept de ’l’entreprise libérée’ »

le 02/06/2016 L'AGEFI Hebdo

Votre récente étude, avec Orange et Mercer, sur le rôle de la fonction RH en 2020-2025 identifie plusieurs tendances. Lesquelles concerneront en particulier
les acteurs de l’industrie financière ?

Les entreprises du monde financier sont simultanément engagées dans des transformations « digitales », mais aussi dans des politiques de maîtrise des coûts et de reconfiguration des réseaux physiques. Ce qui accroît la pression sur les directions des ressources humaines (DRH) car elles doivent, d’une part, préparer l’avenir en termes de métiers, de compétences et de carrières pour les salariés et, d’autre part, veiller à tenir des objectifs d’économies. Dans ce contexte, jouer un rôle fédérateur pour renforcer la dimension collective dans l’entreprise est une mission délicate, mais fondamentale pour les DRH. A l’égard des salariés en interne, mais aussi à l’extérieur vis-à-vis des jeunes générations.

Aujourd’hui, les DRH du secteur financier mettent pourtant beaucoup en avant le travail collaboratif dans le cadre de la « digitalisation » …

La notion de collaboratif dans le travail commence en effet à être mise en œuvre dans les établissements financiers, notamment avec des espaces de travail repensés. Mais ce que nous avons identifié à travers notre étude va plus loin. Ainsi, à l’avenir, les DRH devront contribuer à une évolution globale des modes de management, avec un aplatissement de la pyramide hiérarchique afin que les organisations soient plus agiles, plus ouvertes et plus compétitives. On parle en ce moment beaucoup du concept d’« entreprise libérée » où les salariés fonctionnent en autogestion. Sans aller jusque-là car la rupture serait trop brutale, les DRH de la finance peuvent tester des modèles qui s’en inspirent.

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