L’avis de... Olivier Coustaing, responsable des services financiers chez Alexander Hughes

« Ceux qui choisiront de rester seront moins nombreux mais plus valorisés »

le 19/05/2016 L'AGEFI Hebdo

« Ceux qui choisiront de rester seront moins nombreux mais plus valorisés »

Pour quelles raisons les traders fixed income ont-ils moins le vent en poupe ?

Ces professionnels font face à un ensemble de défis, de risques et de transformations de marché. Les réglementations telles que Bâle 3 contraignent fortement les banques en termes de ratio de capitaux investis sur fonds propres. Comme le crédit est investi sur des périodes longues, cela pèse durablement sur les bilans des banques. En parallèle, les politiques accommodantes des banques centrales réduisent l’attractivité de la dette, poussant les investisseurs vers le marché des actions plutôt que vers celui du crédit.

Y a-t-il aussi un risque d’automatisation de la profession ?

Tout à fait. Au-delà de la conjoncture, ce sont bien des facteurs structurels qui menacent le métier, dont les marges se réduisent avec le développement de plates-formes technologiques puissantes et d’algorithmes d’aides à la décision qui remplacent les activités que le trader réalisait il y a quelques années seulement, basées sur son expérience et son intuition. Les fintech vont radicalement changer la donne dans ce secteur.

Le métier est-il amené à disparaître ?

Paradoxalement, ceux qui choisiront de rester dans leur spécialité seront moins nombreux mais aussi, à ce titre, plus valorisés. En effet, le marché de la dette demeure le deuxième mondial en volume, après celui des changes. Il ne disparaîtra pas de si tôt !

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