Le Baromètre de la banque - Michael Page

La révolution numérique des métiers, une réelle source de stress

le 25/06/2015 L'AGEFI Hebdo

C’est le cas pour un cadre sur trois, selon notre dernier Baromètre de la banque. Plus globalement, les conditions de travail créent aussi une situation de tension. Retrouvez l'intégralité du Baromètre de la banque sur www.agefi.fr

Al’heure où les risques psychosociaux sont surveillés de près dans les banques, l’introduction du numérique dans les métiers bancaires stresse les salariés. Ce sont eux qui l’affirment dans le dernier Baromètre de la banque réalisé par Michael Page en partenariat avec L’Agefi* : pour un collaborateur sur trois, le numérique est un facteur de stress (graphique 3). « Le ‘digital’ est un sujet incontournable, surtout pour les populations commerciales qui sont les premières concernées. D’ailleurs, dans la banque de réseau, 74 % des professionnels considèrent que c’est le principal enjeu de leur secteur au cours des cinq prochaines années. Les nouveaux outils comme la tablette sont déjà déployés, même si le modèle de la banque du futur n’est pas encore clairement défini, note Anne-Sophie Luçon, manager exécutif senior chez Michael Page. Dans ce contexte, la problématique de la rationalisation du maillage d’agences est aussi une source d’inquiétude. » De façon générale, la tension est omniprésente dans le travail, avec 56 % des sondés qui évaluent leur niveau de stress à 7-8 sur une échelle allant de 1 à 10. Lors du précédent Baromètre de juillet 2014, ils étaient 55 %.

Baisse de la pression managériale

Pour 60 % des répondants, la première cause de cette situation est liée aux contraintes organisationnelles (procédures, réunions…). Ils étaient 58 % en juillet 2014. La seconde est liée à la pression de la hiérarchie. Signe positif : elle n’a été citée que par 45 % des cadres, contre 56 % l’an dernier, ce qui incite à penser que les managers ont pris la mesure du phénomène et ont adouci leur management. Pour autant, la troisième cause demeure la pression des résultats pour 51 % (contre 52 % en juillet 2014).

Néanmoins, les salariés bancaires ne broient pas que du noir. Leur niveau de confiance poursuit sa remontée depuis 2013 où il était tombé à 46 %. Aujourd’hui, il s’élève à 57 % (« confiants » et « très confiants », graphique 1), après 56 % en juillet 2014 et 55 % en janvier 2014. D’autre part, la perception du secteur reste très positive : 74 % de sondés en ont une bonne image, après 73 % en 2014 et 68 %. Une embellie qui a sans doute un lien avec un élément déterminant dans la banque : la rémunération, qui a suivi une tendance plutôt favorable en 2015 (graphique 2). Ainsi, 49 % des cadres interrogés ont bénéficié d’une augmentation salariale cette année alors qu’ils n’étaient que 40 % en juillet 2014. Mais certaines évolutions pourraient perturber les banquiers à l’avenir. « La disparition du commissionnement à l’acte pour les conseillers bancaires, qui tend à se généraliser, devient un élément de stress, signale Anne-Sophie Luçon. Car cela modifie, et augmente, les critères d’attribution de la part variable de la rémunération. » Du coup, cela va sans doute encourager les cadres commerciaux à bouger, dans la mesure où le changement d’employeur est traditionnellement l’occasion de négocier un meilleur salaire. Près d’un tiers indiquent avoir reçu davantage de sollicitations que l’année passée, et ce chiffre atteint 56 % chez les 20-29 ans ! De fait, le marché de l’emploi va mieux. « Les volumes de recrutement sont repartis à la hausse depuis la rentrée 2014, après une période très calme de près de deux ans. Actuellement, on sent que les personnes sont de nouveau prêtes à changer d’entreprise, observe Anne-Sophie Luçon. La filière patrimoniale (banque privée, gestion de patrimoine) embauche. Les fonctions sièges/supports aussi (‘compliance’, réglementation, direction financière, risques…), où les experts sont toujours recherchés. »

*L’étude a été menée du 8 au 27 avril 2015 auprès de 258 salariés du secteur bancaire : 25 % femmes / 75 % hommes ; banque de réseau (57 % des répondants), services financiers spécialisés (10 %), banque de financement et d’investissement (15 %), gestion d’actifs (4 %), banque privée (7 %), autre type d’établissements (7 %).

56 % des 20-29 ans ont été davantage sollicités pour des postes

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