CASH ACTIONS

Des « zéros bonus » fréquents

le 26/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Après une année très tourmentée en 2011 (crise des marchés et des dettes souveraines, ralentissement économique, licenciements massifs dans le secteur financier…), les professionnels des marchés actions ne pouvaient pas s’attendre à recevoir des bonus importants. D’autant que, depuis un an, les rémunérations variables des banques de financement et d’investissement (BFI) françaises sont soumises aux règles issues de la directive CRD III. Elles ont ainsi introduit le bonus différé (40 % à 60 % du total doit être étalé sur trois à cinq ans) et ont imposé que la moitié soit distribuée sous forme d’actions ou d’instruments équivalents. De fait, la part en cash est limitée à 20 %-30 % du bonus total. Par ailleurs, les plans de départs volontaires annoncés fin 2011 par les trois BFI françaises ont été un très mauvais signal pour la saison des bonus. « De façon générale, les baisses vont de 20 % (plutôt satisfaisant) à 60 %, observe Vally Colli (photo), associée au cabinet de chasse de têtes Vendôme Associés. Les ‘zéros bonus’ sont plus fréquents et ne signifient plus toujours que le départ des opérateurs concernés est proche ou souhaité. Les juniors ou semi-seniors sont davantage concernés. » Dans un tel contexte, le versement de ces primes est plus que jamais discriminant. « D’autant qu’il reste toujours un marché pour les meilleurs : vendeurs gros producteurs et analystes ayant fait la preuve de leur expertise, sur certains secteurs en particulier comme le luxe, les banques…, explique Vally Colli. Ceux-là sont toujours rétribués. » De façon générale, la frustration est ressentie chez beaucoup de professionnels « mais les managers ont bien préparé les équipes : on leur a assez répété que conserver leur emploi était une chance », indique l’associée de Vendôme. En 2012, un vendeur senior peut espérer jusqu’à 210.000 euros de bonus global (cash + différé sur trois, quatre ou cinq ans), pour un salaire fixe situé entre 100.000 et 200.000 euros. L’an dernier, ce même professionnel pouvait tabler jusqu’à 260.000 euros de bonus pour la même rémunération fixe.

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