Dossier Formations en finance

Des « universités » internes pour former les salariés à travers le monde

le 22/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Dans les grands établissements, de nombreux programmes sont conçus pour être diffusés à une échelle mondiale.

Mondialisation oblige, le contenu des formations tend à s’uniformiser dans les grandes entreprises du secteur financier. Les normes internationales, la lutte anti-blanchiment, la bonne gouvernance, la stratégie d’entreprise, sont, comme les pratiques de leadership et le management interculturel, des thèmes qui se jouent des frontières. « Les enjeux deviennent mondiaux, confirme Pascale Martin-Sauty, directrice du développement RH chez HSBC France. En fin d’année, nous avons déployé une plate-forme unique et globale baptisée MyLearning, qui permet à tout collaborateur de s’inscrire à des stages en salles et d’accéder à des formations à distance en anglais, en français, en espagnol, en portugais, en turc, en mandarin ou en arabe. »

Effet « réseau »

Pour diffuser un socle commun de connaissances, les grandes banques et les groupes d’audit s’appuient fréquemment sur des « universités » internes. HSBC Business School offre ainsi une formation similaire selon les métiers de la banque de détail, de la banque de financement et d’investissement, des fonctions supports… De son côté, Société Générale Private Banking propose neuf modules (marchés et produits financiers, stratégie client, hedge fund, etc) à travers son propre centre de formation, né en 2007. « Notre programme de formation interne dispense les mêmes formations depuis Paris, Londres Singapour et Hong Kong. Seuls les cas pratiques étudiés diffèrent , expose Fatima El Ansari, responsable de l’université interne de Société Générale Private Banking. L’intérêt pour les participants, c’est l’effet 'réseau', car ils viennent d’entités différentes. Un banquier privé de Singapour par exemple se débrouillera pour cumuler des rendez-vous professionnels avec sa formation à Hong Kong, un Belge viendra à Paris. » L’effet « réseau », c’est aussi ce que recherche Deloitte dont les formations internationales pour les ses nouveaux associés se déroulent chaque fois sur un continent différent. Ensuite, à chacun sa mondialisation. « Les formations au 'leadership' sont globalement les mêmes à Mexico ou à Hong Kong », résume Pascale Martin-Sauty. « Les formations sur les normes IFRS, les enjeux sectoriels liés aux télécoms, ou encore à l’énergie en Chine, assez semblables, peuvent être délivrées à un niveau international », ajoute Véronique Staat, associée en charge de la formation chez Deloitte. Autre axe important : le management interculturel destiné aux expatriés. « Deloitte envoie environ 30 à 40 consultants à l’étranger, explique Véronique Staat. Pour ne pas commettre de faux pas, nous leur proposons, ainsi qu’à leurs conjoints, des formations courtes sur la façon de travailler en Chine ou au Japon par exemple. » Dans ce contexte, les donneurs d’ordre vont de plus en plus privilégier des organismes de formation de taille internationale capables de relayer leur politique. En tête, Demos et Cegos luttent pour remporter des marchés à l’étranger, la plupart du temps en rachetant des structures existantes ou en nouant des partenariats. Le Centre de formation de la profession bancaire accompagne, lui, les banquiers africains en étant présent dans 23 pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, à travers des partenariats noués avec les associations bancaires et les banques centrales. 

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