Dossier MBA

Trouver son mode de financement, un vrai casse-tête

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Si l’emprunt bancaire est très répandu, l’employeur peut aussi participer aux frais particulièrement élevés de la formation.

Le financement des frais de scolarité est un élément à ne pas négliger lorsque l’on souhaite se lancer dans l’aventure MBA (master of business administration, voir le tableau). D’autant qu’il faut souvent y ajouter des frais liés à l’achat de livres, de voyages d’études ou de logement (lorsque les cours sont dispensés loin du domicile)...

Pour les financiers désireux d’investir dans ces formations, la première des solutions est de négocier avec l'employeur afin de faire prendre en charge le coût dans le cadre du plan de formation de l’entreprise. Les EMBA (executive MBA - pour les professionnels plus expérimentés) à temps partiel répondent mieux aux besoins des entreprises qui peuvent ainsi confier aux participants un projet à mener dans le cadre de ces études.

Moyennant quoi, elles rechignent moins à en financer tout ou partie. Surtout si les cadres proposent en échange de renoncer à certaines primes ou bonus. Pour obtenir le feu vert de leur employeur, les cadres peuvent aussi proposer un montage financier qui cumule leur droit individuel à la formation (DIF) au plan de formation. Pour bénéficier des retombées du MBA et se prémunir des risques de démission, certaines entreprises font signer une clause de dédit-formation. Laquelle prévoit un remboursement de tout ou partie des frais de formation en cas de départ du salarié avant la date prévue.

Philippe Trolez, directeur juridique de Crédit Agricole Private Equity, a ainsi fait prendre en charge son EMBA à HEC par son entreprise, à hauteur de 85 %. En contrepartie de quoi une clause de dédit formation, qui prenait effet dès le début de la formation, prévoit un remboursement total en cas de départ au bout d’un an, un remboursement de 66 % en cas de départ au bout de deux ans et de 33 % au bout de trois ans. Pour celles et ceux qui veulent rester ancrés sur leur territoire, les MBA d’écoles de commerce régionales de bonne renommée comme Audencia à Nantes ou l’EM Lyon constituent une alternative plus abordable, comme en témoigne Fabien Favreau, responsable de l’actuariat vie chez Maaf à Niort, diplômé d’Audencia : « Je suis attaché au 'Grand Ouest' et avec la renommée d’Audencia, c’est un bon compromis. Je travaille dans une mutuelle où l’appartenance à l’économie sociale trouve un écho dans l’approche développée par Audencia. » Dans les petites et moyennes entreprises, consacrer une partie importante du budget formation à des MBA d’un ou plusieurs cadres, fait l’objet de négociations plus délicates.

Bourses d’études

En cas de refus de l’employeur, les intéressés peuvent toujours se tourner vers leur Fongecif (fonds de gestion du congé individuel de formation, CIF) pour tenter d’obtenir un CIF, accordé au compte-gouttes puisque la priorité est la formation des plus faibles niveaux de qualification. D’où la nécessité de bâtir un solide projet professionnel, avec lettre de candidature et de recommandation à l’appui. De leur côté, les grandes écoles de commerce proposent des bourses afin de soutenir les candidats les moins favorisés. Un système qui permet de pallier en partie le désengagement des entreprises en période de crise. « Les 'business schools' à travers le monde continuent d’accorder des bourses aux candidats de leur programme EMBA, estime le QS World Executive MBA, qui organise des tournées de recrutement dans les grandes capitales. La diminution du sponsoring d’entreprise pousse aussi les candidats à se tourner vers des solutions d’autofinancement. Aujourd’hui, les écoles de commerce augmentent le nombre de bourses dédiées aux professionnels confirmés, en visant en particulier les femmes, les entrepreneurs et les candidats issus de pays émergents. »

Insead offre ainsi cinq bourses d’études pour son programme EMBA, pour soutenir les femmes, l’entrepreneuriat social et les cadres de la fonction publique. Enfin, reste la solution de l’emprunt bancaire, avec la possibilité de passer les frais de formation en frais réels afin de les déduire, dans la limite d'un plafond, de l'assiette de ses impôts. Il s’agit de la solution la plus répandue, à en croire les responsables des programmes MBA.

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