Dossier MBA

Une sélection à l’entrée exigeante et très organisée

le 23/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Un excellent niveau académique ne suffit pas. Les écoles tiennent aussi à évaluer la capacité d’intégration des candidats.

Entre deux et trois ans. C’est le temps de réflexion et de préparation nécessaire à un MBA, selon Patrice Houdayer, directeur général délégué en charge des programmes masters à l’EM Lyon, qui propose deux MBA sur 12 ou 24 mois : « Une fois que le candidat - souvent en poste - a mûri son envie de suivre un MBA, il arpente les salons pour identifier les écoles. Le processus de sélection à lui seul s’étale sur quasiment une année. » De leur côté, les écoles de commerce organisent une première sélection sur dossier avant de mener des entretiens individuels pour retenir des candidats affichant au moins cinq années d’études supérieures, ainsi que plusieurs années d’expérience professionnelle. Et plus la business school est cotée au classement annuel du Financial Times (voir le tableau page 29), plus la sélection se veut élitiste. Mais sur le plan géographique, les programmes sont ouverts car ils recherchent la diversité des cultures. Ainsi, le MBA de la London Business School est composé à 90 % d’étudiants venus de l’étranger.

Test du GMAT

En amont, le système de sélection aide les intéressés à réfléchir à leur orientation professionnelle afin d’éviter de fâcheuses (et coûteuses) erreurs d’aiguillage. « Tous les candidats sont reçus en entretien par un conseiller de formation, ce qui leur permet de vérifier la cohérence de leur projet avec le diplôme visé », explique Marina Kundu, directrice des programmes diplômants à HEC Executive Education, 18eau classement du Financial Times.

Après le tri sur dossier, les candidats doivent, en plus de deux lettres de recommandations professionnelles (au minimum), rédiger plusieurs essais sur leur vie professionnelle et se soumettre au célèbre test du GMAT (graduate management admission test) qui évalue leurs capacités de logique. « Nous exigeons un score minimal de 500 points au GMAT. Concrètement, la moyenne se situe plutôt aux alentours des 600-640 », indique Emmanuel Métais, directeur MBA à l’Edhec, qui retient seulement un dossier sur sept. A HEC, la moyenne avoisine les 690. Parallèlement, HEC demande de préparer en une heure un mini-cas d’entreprise avant de le présenter devant un comité de sélection. Puis les candidats sont reçus en entretien, souvent menés par des anciens du MBA aux profils internationaux. « Le comité de sélection composé de trois personnes ne va pas seulement se concentrer sur les compétences professionnelles, signale Marina Kundu. Il va aussi s’intéresser à l’expérience de vie, les capacités de partage avec les autres participants. Un jury d’admission examinera enfin l’ensemble de la candidature. » « Nous cherchons à comprendre comment les candidats se situent dans leur carrière, comment ils se projettent, ce qu’ils attendent d’un MBA, renchérit Emmanuel Métais. Nous les faisons parler d’eux pour évaluer la richesse de leur expérience professionnelle, ce qu’ils peuvent apporter à la classe, leur capacité à s’intégrer, à écouter les autres, leur aptitude en anglais, etc. Nous allons recruter des profils qui ont déjà une appétence pour l’international, qui parlent plusieurs langues et ont déjà vécu à l’étranger. » Sylvie Chancelier-Ayina, responsable du développement MBA à Audencia Nantes, vise les mêmes qualités : « Nous cherchons à éprouver les capacités à échanger avec le groupe, le potentiel managérial. » A la fin, HEC retient 200 à 250 participants sur moins de 2.000 candidatures, l’EM Lyon retient entre un tiers et la moitié des postulants, et Audencia les deux tiers environ.

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