Baromètre de la banque

Les salariés des banques pessimistes sur la progression de leurs salaires

le 16/12/2010 L'AGEFI Hebdo

En novembre, ils sont 50 % à espérer une hausse des rémunérations fixes, accompagnée d’augmentations individuelles et de primes.

Les cadres du secteur bancaire ne semblent pas se bercer d’illusions au sujet de leurs salaires en 2011. D’après la quatrième édition du « Baromètre de la banque » (L’Agefi Hebdo du 9 septembre 2010), l’enquête trimestrielle réalisée par Michael Page Banque en partenariat avec L’Agefi*, ils sont 50 % (baromètre global) à attendre des négociations salariales annuelles en cours dans leurs entreprises, une hausse des rémunérations fixes, accompagnée d’augmentations individuelles et de primes. Les salariés des réseaux sont les plus optimistes (voir le graphique), à l’inverse de ceux de la gestion d’actifs qui sont seulement 27 % à espérer une revalorisation de leur bulletin de paie grâce à ces trois leviers. Dans les services financiers spécialisés, 45 % tablent dessus, contre 51 % en banque de financement et d’investissement (BFI) et en banque privée.

Ecoute active du marché de l’emploi

En attendant une reprise durable sur le front de l’emploi, tous les professionnels sont à l’écoute du marché de façon active. Chez les gérants, le revirement en un an est spectaculaire. D’un taux de 44 % en écoute active en novembre 2009, ils sont passés à 60 % en juillet 2010 (date de la précédente enquête), pour atteindre 82 % en novembre dernier (voir le graphique) ! Même constat dans les services financiers : l’écoute active a bondi en un an, d’un taux de 48 % à 72 %. Une hausse qui permet de rattraper la chute de juillet par rapport à avril (-17 points à 49 %). Du côté des recruteurs, le dynamisme se ressent aussi. « Près de trois quarts des candidats ont été sollicités durant les deux derniers mois », note Pierre-Emmanuel Dupil, managing director de Michael Page. A l’exception de la BFI et la gestion d’actifs (où la baisse est légère), les autres métiers ont été davantage approchés en cette fin d’année. La tendance est visible depuis juillet 2010 et sur l’année écoulée. Inamovible, la rémunération reste le premier moteur de la mobilité pour 82 % des cadres (voir le graphique), contre 83 % en rythme annuel et 78 % en trimestriel. Cela est particulièrement vrai dans les réseaux : ce critère est cité par 88 % des salariés (+9 points comparé au trimestre dernier alors que 85 % évoquaient ce point il y a un an). Elément surprenant : pour les financiers de la BFI, la rémunération n’est plus ce qui les incite en priorité à changer de poste ! Avec 78 % (contre 75 % pour le salaire qui perd 10 points depuis l’été), c’est la mission et les responsabilités liées au poste qui sont le premier critère. Peut-être un signe que ces banquiers ont intégré le durcissement des règles concernant leurs bonus… Il y a un an, cet item « mission et responsabilités » était cité à 67 % dans la BFI, mais était tombé à 61 % lors de l’enquête de juillet. Même orientation chez les banquiers privés, où la mission et les responsabilités suivent de très près la rémunération (respectivement 79 % et 80 %). Si le critère de la « mission » a grimpé en un an et depuis juillet, celui de la rémunération a fait le chemin inverse : -15 points depuis fin 2009 et -10 points depuis l’été.

Enfin, le niveau de confiance sur l’évolution du marché de l’emploi reste élevé. Les salariés des réseaux sont confiants à 70 % et retrouvent le taux de l’an dernier après un trou d’air en juillet. Ceux de la BFI (62 % de personnes confiantes), les banquiers privés (67 %) et les gérants (61 %) ont à peu près suivi la même courbe en « V ». 

*L’étude a été menée en novembre 2010 auprès de 554 professionnels exerçant dans les différents métiers : banque de réseau (52 % des répondants), banque de financement et d’investissement (17 %), services financiers spécialisés (12 %), banque privée (11 %) et gestion d’actifs (8 %). A une large majorité, les sondés sont des hommes (71 % dans le baromètre global), dont l’âge se situe entre 30 et 40 ans et qui occupent leurs postes depuis plus de trois ans (52 %).

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