Le Baromètre de la banque

Les salariés de la banque de plus en plus inquiets pour leur emploi

le 13/06/2013 L'AGEFI Hebdo

La perte de confiance est sensible, avec un indice qui n’a jamais été aussi bas depuis le lancement du Baromètre fin 2009.

Recrutements en baisse, réorganisations des réseaux, suppressions de postes… Autant de facteurs qui pèsent sur le moral des salariés des banques, comme le montrent les résultats du dernier Baromètre de la banque, l’étude trimestrielle réalisée par Michael Page en partenariat avec L’Agefi*. Ainsi, depuis le lancement du Baromètre fin 2009, leur niveau de confiance concernant le marché de l’emploi bancaire n’a jamais été aussi bas : 43 % de « confiants », contre 68 % il y a quatre ans. En toute logique, leur inquiétude continue de croître, particulièrement chez les cadres des services financiers spécialisés (SFS) et de la banque de financement et d’investissement (BFI, voir le graphique 2). Autre signal négatif : par rapport aux assureurs, les banquiers sont nettement moins nombreux à avoir une « bonne ou plutôt bonne » image de leur secteur. Ils sont seulement 68 %, contre 89 % chez les assureurs. « Depuis nos Baromètres de septembre 2012 et janvier 2013, la situation n’a pas beaucoup évolué dans la banque. Les offres de postes sont en baisse, l’image est détériorée depuis 2008 déjà et les salariés, notamment ceux en contact avec les clients, se sentent pénalisés par ce phénomène », commente Anne-Sophie Luçon, manager exécutif senior chez Michael Page. Il faut dire que l’horizon de l’emploi bancaire est actuellement plutôt sombre, le secteur ne créant plus d’emplois avec des effectifs en baisse. Une situation que les sondés ont bien intégrée puisque leur écoute active du marché (en d'autres termes, la recherche d’emploi) n’a, elle aussi, jamais été aussi basse depuis le lancement du Baromètre, avec un niveau de 40 %. En février dernier, l’écoute active était encore de 59 % et de 53 % en septembre 2012. « En interne, comme à l’extérieur, il est difficile pour les professionnels d’évoluer de façon satisfaisante, donc ils font état d’un certain réalisme », relève Anne-Sophie Luçon.

Salaires, sources d’insatisfaction

En tout cas, s’ils ne semblent pas vouloir ou pouvoir bouger, les salariés ont gardé leur position inchangée sur un élément : la rémunération demeure de loin leur premier critère pour changer d’employeur (graphique 3). Elle l’est dans la majorité des métiers - les réseaux (85 %), les SFS (84 %), la banque privée (82 %) et la BFI (81 %) - et moins marquée chez les gérants d’actifs (65 %). Si la rémunération focalise autant la motivation des professionnels pour changer d’employeur, c’est parce qu’elle demeure un facteur d’insatisfaction. C’est le cas dans les réseaux (graphique 1), mais aussi dans la banque privée et la BFI où existent pourtant d’importants bonus.

Par ailleurs, question d’actualité, 58 % des sondés affirment ne pas avoir été augmentés cette année : 71 % chez les gérants, 62 % chez les banquiers privés, 59 % pour les salariés des réseaux et 43 % pour ceux des BFI. La frustration liée au salaire peut expliquer leur capacité à être mobiles sur le plan géographique (47 % des répondants vivent en Ile-de-France et 73 % occupent une fonction commerciale) : 41 % se disent prêts à déménager dans une autre région, 35 % à l’étranger. « Malgré un contexte morose, 76 % des sondés disent travailler dans une bonne ambiance. En BFI, ils sont 84 % à l’affirmer, contre 77 % dans les réseaux, 70 % dans la banque privée et 65 % en gestion d’actifs et dans les SFS.

*L’étude a été menée du 23 avril au 10 mai 2013 auprès de 418 professionnels exerçant dans différents métiers : banque de réseau (66 % des répondants), banque de financement et d’investissement (9 %), services financiers spécialisés (8 %), banque privée (8 %), gestion d’actifs (5 %), autre type d’établissement (5 %). A une large majorité, les sondés sont des hommes (74 %), dont l’âge se situe entre 30 et 39 ans (53 %).

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