PORTRAIT Joachim Faber, global head d'Allianz Global Investors Europe

Présent dès l’origine

le 23/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Lorsqu’à l’été 1997, Joachim Faber rejoint l’assureur Allianz, sa vocation est de succéder quelques années plus tard à Diethart Breipohl au poste de directeur financier du groupe. Mais le destin va en décider autrement. En choisissant d’étendre son activité vers la gestion d’actifs, la direction du groupe décide, à la fin des années 90, d’en confier la responsabilité à Joachim Faber. C’était d’ailleurs lui qui avait proposé à Allianz de se lancer dans cette activité. Un choix pertinent qui devait propulser l’assureur munichois dans le sérail des cinq premières sociétés de gestion de la planète, avec un encours s’élevant aujourd’hui à quelque 1.500 milliards d’euros. Ainsi, plutôt que choisir le poste de directeur financier du groupe, l’un des postes les plus prestigieux de l’économie allemande, il opte tout naturellement pour celui de directeur de la nouvelle division, Allianz Global Investors (AGI), expliquant qu’il a toujours été un féru des marchés financiers.

L’ascension de cette nouvelle activité démarre en 1999 lorsque Joachim Faber, alors âgé de 49 ans, décide de prendre le contrôle du gérant américain Pimco. Une décision judicieuse car Pimco représente aujourd’hui la moitié des actifs sous gestion d’AGI. Le rachat lui vaudra d’être nommé membre du directoire d’Allianz un an plus tard.

Né en mai 1950 dans la ville universitaire de Giessen dans le centre de l’Allemagne, le patron d’Allianz Global Investors avait suivi au départ une trajectoire très éloignée de sa position actuelle. Le jeune homme d’alors décide de faire des études de droit administratif, d’abord à l’université de Bonn, puis à l’Ecole des sciences administratives de Rhénanie-Palatinat. Il entre ensuite à la banque publique de cette région autonome avant de rejoindre, six ans plus tard, en 1984, la filiale allemande de la banque américaine Citicorp à Francfort. C’est là qu’il découvre son penchant pour le monde de la finance. Sous sa responsabilité, Citicorp devient le premier distributeur de produits dérivés sur le marché allemand. Mais Joachim Faber ne se laisse pas griser par son succès. Il se méfie notamment du goût des Anglo-Saxons pour le court terme et la maximisation des bénéfices en un minimum de temps. Une prudence qui lui a donné raison durant la crise de 2007. Alors que l’assureur américain AIG a dû faire appel à l’Etat pour éviter la faillite, le groupe Allianz a traversé la crise sans trop de blessures.

Cependant, après une dizaine d’années à la tête d’AGI, Joachim Faber devra passer la main, pour prendre sa retraite fin 2011. 

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