Rencontre avec Antoine de Gabrielli, fondateur de Companieros, organisme de formation spécialisé sur les enjeux de diversité

« Poser un congé parental reste culturellement difficile pour les hommes »

le 16/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Combien d’hommes prennent aujourd’hui leur congé parental d’éducation ?

Ce congé ne concerne que 3 % des hommes, et dans 70 % des cas, ils le prennent parce qu'ils perçoivent un salaire inférieur à leur femme. C'est donc la contrainte économique qui les incite presque toujours à franchir le pas, car poser un CPE pour un homme reste culturellement difficile. Les managers et les collègues y voient souvent le signe d'une motivation moindre, voire d'un désinvestissement professionnel. Cela peut même être perçu comme un manque d’ambition ou de virilité. Quant aux recruteurs et chasseurs de têtes, un CV avec un trou de deux ou trois années est souvent rejeté.

Au-delà de ces éléments, n’y a-t-il pas un manque d’appétence chez les hommes pour ce congé ?

Toutes les études montrent que les hommes et les femmes affichent le même niveau d’attentes en matière d'articulation entre la vie privée et la vie professionnelle. Cependant, le CPE figure rarement parmi les revendications exprimées par les hommes. Ils préféreraient voir le congé paternité passer de 11 jours à un mois. Ils attendent aussi des évolutions en matière de flexibilité du travail qui leur permettraient de mieux prendre en compte leurs besoins personnels ou familiaux.

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