PORTRAIT Céline Méchain, managing director chez Goldman Sachs

Plan de transition pour la maternité

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

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tre une femme en banque d’affaires, ce n’est pas un handicap pour Céline Méchain. Cela vous rend au contraire plus visibledans cet univers d’hommes. Etre mère n’a pas non plus bloqué l’évolution de carrière de la jeune femme, la première promue managing directorchez Goldman Sachs à Paris. C’était en 2006, « dans l’année qui a suivi mon congé maternité », précise cette maman de deux petites filles. « J’étais l’une des premières banquières à en prendre un à Paris, raconte Céline Méchain. A l’époque, j’ai manqué de conseils mais j’avais écrit mon plan de transition pour que chacun connaisse l’état de mes dossiers avant mon départ et pour avoir une base écrite à partir de laquelle repartir à mon retour. J’encourage aujourd’hui mes jeunes collaboratrices à faire de même. »Elle a aussi monté le Women’s Networkfrançais de la banque qui propose du coaching individuel et collectif, sur le modèle des actions globales de Goldman Sachs pour promouvoir la diversité. « Nous portons une attention particulière aux femmes entre 30 et 40 ans car c’est dans cette tranche-là qu’on les perd », pointe Céline Méchain. En charge du suivi de la clientèle des fonds de private equity, elle a cofondé l’an dernier le Club Afic avec Elles, sur le modèle du réseau de jeunes diplômés de l’Association française des investisseurs en capital, car « ce métier est encoremoins connu des étudiantes que la banque d’affaires en école de commerce ». « Ces actions me prennent beaucoup de temps, reconnaît cette professionnelle de 40 ans,mais je ne refuse jamais une sollicitation car des femmes encore plus courageuses se sont battues avant nous pour promouvoir notre cause. »Du coup, pour faire tourner la PME familiale, « il faut accepter de déléguer et bien s’entourer, mais aussi avoir un conjoint compréhensif », estime Céline Méchain qui peut compter sur sa nounou, ses baby-sitters, sa femme de ménage… et son mari qui « prend régulièrement le relais à partir de 21h ». Ce dernier a quitté le private equitypour devenir architecte. Son épouse continue à se consacrer à sa passion de la banque d’affaires, quitte à délaisser ses autres dadas, le point de croix et le patchwork.

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