DOSSIER FORMATION

Partenariats gagnant-gagnant entre les financiers et les écoles

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Pour recruter des talents et soutenir la recherche, les acteurs de la finance resserrent les liens avec la sphère académique.

Les rapprochements se multiplient entre les entreprises de la finance et les établissements d’enseignement supérieur. Ces derniers mois ont en effet été marqués par la signature de partenariats entre BNP Paribas Personal Finance et l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse de l’information, UBS et l’ESCP Europe, LCL et l’ESG Management School… Cette dernière alliance entre la filiale de Crédit Agricole SA et l’école parisienne porte sur une convention de partenariat visant à former, via un master 2 spécialisé en gestion de patrimoine, des étudiants sélectionnés par la banque en vue d’un recrutement à la fin de la formation. Une première promotion de 28 élèves a démarré le cursus à la rentrée 2013 en alternance avec l’école et l’entreprise. « A travers ce programme qui nous est dédié, nous entendons nous démarquer pour détecter et attirer les talents dans un contexte de forte concurrence sur le marché du recrutement », confie Denis Delaunay, responsable RH Ile-de-France de LCL.

Fort du succès de cette première expérience, LCL a décidé de dupliquer le même dispositif avec l’Essec. Fin janvier 2014, une douzaine d’étudiants ont intégré la promotion du bachelor of business administration de l’école de Cergy-Pontoise. Afin de former des professionnels conformes à ceux que recherchent les entreprises, les liens entre les écoles et les employeurs sont de plus en plus imbriqués. Ainsi, l’ESCP Europe et UBS se sont associés pour lancer un mastère spécialisé international wealth management  destiné à des spécialistes de la gestion de patrimoine souhaitant s’orienter vers la gestion de fortune. La banque suisse, qui accueillera les élèves en Suisse lors d’un séminaire d’une semaine avec ses experts de la gestion de fortune, est aussi présente à l’advisory board du programme pour participer à l’évolution de son contenu.

Faire émerger les idées innovantes

La création de chaires contribue à resserrer les liens entre le monde académique et les établissements financiers. En juin dernier, BNP Paribas Corporate & Investment Banking (CIB) s’est alliée à l’ESCP Europe afin de créer une chaire « transformation et innovation financière » qui n’a, ici, rien à voir avec le recrutement. « Notre ambition est de développer une ouverture vers le monde académique en créant un pôle de référence pour la recherche sur trois thématiques identifiées avec l'école : les finances publiques, la régulation financière en Europe et le 'green financing' », explique Gilles Deschanel, responsable de l’innovation chez BNP Paribas CIB. C’est l’ESCP qui porte la chaire. La banque finance les travaux de recherche et fournit des données de terrain qui permettront aux chercheurs d’élaborer le corpus théorique. « En contrepartie, nos équipes bénéficient d'échanges réguliers avec les chercheurs de l’ESCP Europe et de la primeur de leurs publications, complète Gilles Deschanel. L'objectif étant aussi que des idées innovantes et pertinentes émergent de ces travaux et soient mises à la disposition des acteurs de la sphère économique.  »

Cette même approche est adoptée par Amundi qui a signé des partenariats avec l’université de Toulouse, l’Ecole Polytechnique, l’université de Columbia, l’Edhec... « Nous avons initié en 2011 avec Paris-Dauphine une chaire dédiée à l’'asset management' qui finance chaque année une dizaine d’articles de recherche sur les sujets qui nous préoccupent : la finance comportementale, les risques d'inflation, l'allocation d'actifs… », souligne Philippe Ithurbide, responsable de la recherche, de l'analyse et de la stratégie chez Amundi. Elément notable : les appels à contribution sont ouverts aux chercheurs du monde entier, pas uniquement à ceux de Dauphine. « Grâce à ces partenariats, nous avons tissé des liens étroits avec les plus grandes sommités de la recherche. Lors de notre dernière conférence à Singapour, nous avions deux prix Nobel d’économie, des patrons de grands fonds souverains en Asie... », se félicite Philippe Ithurbide

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