Le parcours de Virginie Fauvel directrice digital & market management de Allianz France

le 28/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Hello Allianz, goodbye BNP Paribas

Elle a la réputation d’aller vite et de trancher sans attendre. A une question posée par un collaborateur elle donne une réponse immédiate. Même le choix de son mari lui a pris 10 minutes sur les bancs de l’Ecole des Mines de Nancy, s’amuse-t-elle à préciser. Pourtant Virginie Fauvel confie à demi-mot qu’elle a pris le temps de la réflexion avant de quitter BNP Paribas après 16 ans de carrière et de rejoindre Allianz France, en juillet 2013, comme directrice digital & market management,avec une place au comité exécutif.

Le choix de l’Ecole des Mines s’est fait dans la foulée d’une tradition familiale. Elle en sort avec une formation innovante en statistiques et data mining. Discernement aiguisé, réponses franches sinon tranchées, voilà ce qui ressort au premier contact, au bout de quelques échanges. On ne l’a pas invitée à siéger au comité exécutif de BNP Paribas... alors qu’elle est la première femme à intégrer la même assemblée chez Allianz. Faut-il y voir la cause de son départ ? Virginie Fauvel préfère souligner le bon accueil qui lui a été réservé au sein d’Allianz. L’accord avait été scellé en janvier. Allianz lui a laissé le temps, jusqu’en juin, de finaliser le lancement de « Hello Bank », sorte de trophée digital qui devrait orner longtemps son CV.

Elle garde de bons souvenirs de son précédent employeur et notamment de Cetelem, dont la célèbre mascotte verte garnit une vitrine dans un coin de son nouveau bureau. Elle y acquiert notamment le sens de la prédiction du risque, un savoir-faire qui prend tout son sens dans le monde de l’assurance. « Il est intéressant, commente-t-elle, de se dire qu’avec des modèles mathématiques, on peut de plus en plus prédire – en bonne probabilité – ce qui va arriver à un individu. »

C’est en 2004 qu’elle réalise vraiment qu’avec Internet, le monde ne sera jamais plus comme avant. Son tempérament, son énergie, font dire à un commentateur qu’elle a permis à BNP Paribas de rattraper le retard pris par la banque de la rue d’Antin en matière de stratégie digitale. Elle se contentera sur ce sujet de ne pas réfuter le compliment.

Chez Allianz, il faudra mettre les bouchées doubles car son patron Jacques Richier a décrété que 2014 serait l’année de la rupture digitale. Ce qui ne devrait pas faire peur à celle qui connaît bien le monde numérique et qui pressent au passage que les Google glassesseront la prochaine révolution. En matière de stratégie digitale, il faut cependant beaucoup de souplesse, insiste-t-elle. Tel monstre des réseaux sociaux aujourd’hui peut très bien se volatiliser demain. La vigilance est de mise.

On sent qu’un peu de sagesse a gagné cette fonceuse. AllSecure, la marque digitale d’Allianz en Europe et vocable sans doute moins aisé à prononcer que « Hello Bank », est un sujet de réflexion. Elle n’en dira pas plus. Ce qu’il y a de sûr en revanche, c’est que les clients évoluent avec les technologies. Ils vont vouloir davantage « se renseigner, simuler [des tarifs] et finaliser » en ligne.

Pour réussir cette stratégie digitale, il faut des équipes motivées et, chez Virginie Fauvel, cela ne semble pas se limiter à un artifice de communication. Elle a notamment établi une charte concernant les courriers électroniques, en estimant que l’époque où l’on cherche à démontrer que l’on travaille le dimanche est révolue. Celle qui s’estime par ailleurs très sartrienne pour ce qui concerne les libertés considère qu’il faut se sentir bien au bureau, y compris savoir rire car le contraire, selon elle, neutralise l’idée de travailler. Virginie Fauvel aime la devise prêtée en interne à Google, « do not be evil », ne soyez pas malveillant. L’amabilité, en voilà une idée réjouissante pour accompagner la rupture digitale de 2014.

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