Le parcours de Valérie Vitter Mouradian Managing, director HSBC France

le 19/12/2013 L'AGEFI Hebdo

Renforcée par l’épreuve

Ses 100 premiers jours chez HSBC France ont été émaillés de quelques surprises. Que seule Valérie Vitter Mouradian pouvait éprouver. Qu’il s’agisse du fonctionnement général de sa nouvelle maison ou du comportement des collaborateurs qu’elle croisait. Celle qui vient d’intégrer le bel immeuble des Champs Elysées comme managing director révèle avec le sourire que ces surprises étaient la conséquence de sa réintégration dans un monde normal. Que l’on comprenne bien ce qu’entend par « normal » cette femme qui accompagnera désormais les grands clients corporate de HSBC France dans leur développement et leur réflexion stratégique. Car en 2007, celle qui était déjà connue comme une spécialiste des IPO (introductions en Bourse) s’est trouvée bien malgré elle au cœur d’un maelstrom.

Cela avait commencé par une (courte) période d’euphorie. Elle était alors coresponsable d’ABN Amro Rothschild France. Lorsqu’un consortium composé de Royal Bank of Scotland (RBS), Fortis et Santander, s’offre ABN Amro au nez et à la barbe de Barclays pour 71,1 milliards d’euros. Un coup de maître que les médias saluent de prime abord. Le désenchantement qui a très vite suivi pour les protagonistes a pu être légitimement considéré comme proportionnel au soulagement éprouvé chez Barclays. La faillite de Lehman Brothers, la découverte d’actifs toxiques par conteneurs entiers (de part et d’autre) ont bien failli envoyer tout ce beau monde au tapis. L’Etat britannique est heureusement intervenu pour sauver RBS. Au comité exécutif de RBS France où siégeait Valérie Vitter Mouradian, la vue sur la crise était imprenable. Et dans un plan de carrière, un cas de figure semblable devient un cas d’école exceptionnel. Comment fait-on pour surmonter l’obstacle après des débuts professionnels sans une ombre ? D’abord tentée par le monde des sciences au sortir de maths spé., Valérie Vitter Mouradian entre à l’Ensimag, école connue pour ses cours de mathématiques appliquées. Mais, incidemment, elle y inaugure les premiers enseignements délivrés en finance. « C’est là que c’est fait le ‘switch’ » indique celle dont la culture financière se trahit par l’usage régulier du vocabulaire anglais. C’est ainsi qu’elle se tourne naturellement vers HEC pour y décrocher un master en finance, ce qui lui permet de débuter chez Neuflize Schlumberger Mallet.

Alors comment traverse-t-on une crise mondiale touchant de plein fouet l’entreprise qui vous emploie ? «  Mon ‘driver’ a toujours été de me concentrer sur mon travail, mes clients et mon équipe », mais « le plus dur, concède-t-elle, c’est lorsque RBS a décidé l’arrêt des métiers historiques d’ABN Amro à l’exception du ‘cash management’ ».

Valérie Vitter Mouradian a alors pris conscience de la nécessité d’évoluer et s’est tournée vers un coach. De ce travail personnel a émergé l’idée que sa bonne connaissance du monde de l’entreprise pouvait la conduire à accompagner plus globalement ses dirigeants. La technicité et l’expertise lui ont permis de s’imposer dans un milieu très masculin ; une lucidité affirmée et une capacité à évoluer l’on ensuite fait sortir de l’ornière. Le cuir durci par l’expérience, Valérie Vitter Mouradian, désormais banquier d’affaires dans un groupe enviable, peut viser encore plus haut.

Ses dates clés:

Valérie Vitter Mouradian

48 ans, diplômée de l'Ensimag, mastère HEC en finance internationale.

1990 : directeur adjoint de l’activité épargne salariale et retraite.

1998 : rejoint ABN Amro Rothschild France (marché primaire actions).

2006 : Coresponsable d’ABN Amro Rothschild France.

2008 : responsable du marché primaire actions. chez RBS (France Belgique Luxembourg), membre

du comité éxécutif.

2013 : managing director HSBC France

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