Le parcours de... Martine Tridde-Mazloum, responsable du mécénat groupe BNP Paribas

le 26/09/2013 L'AGEFI Hebdo

Le choix du don

Son rêve était d’être diplomate au sein de la Communauté européenne (CE). Mais à sa sortie de Sciences Po en 1974, avec en poche un DES de droit européen et un DEA sur l’étude des sociétés latino-américaines, Martine Tridde-Mazloum, récemment promue responsable du mécénat pour l’ensemble du groupe BNP Paribas, a dû déchanter. En intégrant la CE, le Royaume-Uni bouleversait au passage les quotas admissibles de fonctionnaires à Bruxelles, chassant du même coup celle qui considère aujourd’hui cet échec comme une chance qui allait enchanter sa vie.

Après de brefs débuts au Crédit Lyonnais, elle part au Brésil intégrer le service communication de la Serete. Le destin a déjà pris en charge Martine Tridde-Mazloum puisque c’est au sein de cette société d’engineering qu’elle fait la connaissance d’un ingénieur, son futur mari. Ensuite c’est au tour du Liban de rebattre les cartes. La Serete prévoit d’ouvrir un bureau à Beyrouth mais le déclenchement de la guerre civile annule le projet.

Il y a des trajectoires professionnelles qui commencent simplement par une petite annonce. Comme elle ne voulait pas rester au sein de la société qui employait son époux, Martine Tridde-Mazloum se fait engager par Télébanque, une activité de Paribas un peu en avance sur son temps. Vient le temps en 1981 des nationalisations et l’idée nouvelle qu’une banque d’affaires se doit aussi d’être au contact de la société civile. C’est ainsi que la Fondation Paribas verra le jour en février 1984. Coïncidence, au même moment, BNP démarre un programme dans cette direction.

Cette fondation était tout sauf un guichet, réagit en substance celle qui, par la suite, n’a plus jamais quitté l’activité de mécénat. La multiplicité des domaines d’intervention, la nécessité de compréhension mutuelle entre aideurs et aidés resteront des valeurs pérennes jusqu’à aujourd’hui. Martine Tridde-Mazloum considère avec le recul que le « 

plus beau dans ce métier, c’est d’être à l’emplacement du passeur », celui qui dit : « comment peut-on vous soutenir ? ». « Sans jamais oublier, mentionne-t-elle, que derrière, c’est une entreprise qui permet de le faire. »

Mais la grosse affaire qui aurait pu occasionner une sortie de route à celle à qui vient de recevoir des mains de Michel Pébereau les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur (après ceux des Arts et des Lettres), c’est la fusion en 1999-2000 de BNP et Paribas. Il y a eu, comme partout dans ce type de contexte, des tensions naturelles entre titulaires de postes équivalents. Martine Tridde-Mazloum a tenu bon. Et au fur et à mesure des grosses acquisitions en France et à l’étranger, elle s’est employée, en tant que déléguée générale, à distiller dans les activités de mécénat qu’elle récupérait au passage, l’esprit de la Fondation Paribas élaboré en 1984. Près de 40 millions d’euros au total sont désormais distribués chaque année.

Chaleureuse et visiblement passionnée, Martine Tridde-Mazloum s’apprête, en bon « passeur », à céder le flambeau… pour rejoindre la section trapèze puisque, depuis janvier 2013, elle est aussi devenue présidente du Centre national des arts du cirque à Chalons-en-Champagne. Et tout cela parce que la Grande-Bretagne…

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