L’avis de… Gérard Pinot, directeur associé de Génie des Lieux*

« On gagne en flexibilité en termes de restructuration »

le 26/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment analysez-vous ces campus d’entreprises en proche banlieue parisienne ?

Ce phénomène traduit une industrialisation du tertiaire. Ces campus s’apparentent à des usines tertiaires, un peu à l’image de celles du XIXe siècle où des entreprises comme Michelin prenaient à peu près tout en charge pour leurs salariés. C’est la même chose aujourd’hui. Pour compenser l’éloignement et des espaces de travail très standardisés, les entreprises offrent à leurs collaborateurs de nouveaux services partagés comme la conciergerie, des restaurants, des salles de sport…

Quelles sont les vertus des campus pour les entreprises ?

D’abord, c’est le coût. A Montrouge ou Villejuif, les prix ne sont pas les mêmes qu’à Levallois ou à Paris intra-muros. En regroupant le plus de monde sur un même site, on met aussi un terme au mitage immobilier et on gagne en flexibilité en termes de restructuration et de rapidité de réorganisation.

Et pour les salariés ?

Outre l’environnement de travail moderne et les nouveaux services partagés, les salariés peuvent gagner en autonomie et en liberté. Dans ces espaces, les managers perdent en effet de leur statut spatial et les signes de reconnaissance associés comme le bureau isolé. Ils deviennent un peu des collaborateurs comme les autres.

*Cabinet de conseil en aménagement d’espace

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