Dossier Métiers du conseil

McDermott Will & Emery prend position sur la place de Paris

le 15/09/2011 L'AGEFI Hebdo

L’arrivée de nouveaux cabinets intensifie le mercato des avocats d’affaires. Mais il leur faut du temps pour monter en puissance.

La tendance initiée en 2010 se confirme. Plus de 140 avocats associés ont changé de cabinet au cours du premier semestre à Paris, dont une bonne partie de spécialistes en corporate/M&A (mergers & acquisitions, fusions-acquisitions) : 44 mouvements au premier semestre 2011, presque autant que sur toute l’année dernière (47), selon le Baromètre Day One (L’Agefi Hebdo du 26 mai 2011). Ce ne sont plus seulement les cabinets français qui servent de vivier (ils enregistraient 55 % des départs en 2009, 60 % en 2010 et sont concernés pour 43 % des cas ce semestre). Plus d’un avocat sur deux qui a quitté un cabinet anglais (54 %) ou américain (58 %) a rejoint un autre anglo-saxon. Ce qui peut s’expliquer « en partie par l’arrivée sur le marché français de grands acteurs canadiens, anglais ou américains tels Heenan Blaikie, Olswang ou encore McDermott Will & Emery qui ont recruté massivement des associés dans les autres cabinets », explique Jérôme Rusak, associé de Day One.

Parmi eux, l’américain McDermott, qui a inauguré son bureau parisien le 14 septembre, continue de se renforcer. « Début mai, nous étions quatre mousquetaires. Depuis lors, Jonathan Wohl, ancien associé de Coudert Frères passé chez Jeantet, nous a rejoints pour travailler sur les dossiers de M&A et 'corporate finance', indique Jacques Buhart, associé-gérant. Nous espérons également accueillir dans un proche avenir des avocats dans les domaines de l’environnement, de l’immobilier, du contentieux et de l'arbitrage internationaux » S’y ajoutent une quinzaine de collaborateurs, dont une partie de jeunes avocats tout juste assermentés.

Un combat de géants

Aussi puissant que soit le cabinet à l’international, avec ses six autres bureaux en Europe et plus de 1.000 avocats dans le monde, y compris à Shanghai (Chine), c’est sur cette équipe de départ que McDermott doit compter pour faire sa place à Paris. Il devra ensuite gagner en taille critique. « Il y a en fait deux seuils. Tout d'abord, pour prétendre sérieusement disposer de toute la palette de services juridiques, il faut une vingtaine d'avocats, souligne Jacques Buhart. Ensuite, pour avoir la capacité de traiter à grande échelle et dans chaque spécialité des dossiers sophistiqués, nous avons l'ambition d'atteindre rapidement un palier d'une cinquantaine d'avocats au moins. » Les luxueux 2.000 m² choisis sur la rive gauche de la Seine par McDermott en témoignent.

L’objectif du cabinet est de réaliser 70 % de son chiffre d’affaires avec des clients étrangers et 30 % avec des groupes dont le capital est français, essentiellement en corporate/M&A. Pour cela, Pierre Brochet, solicitor au bureau de McDermott à Londres, partagera son temps avec l'équipe de Paris. « Pierre est un atout rare pour nos clients français. Lorsque les contrats de prêts sont soumis au droit anglais et que les sûretés sont prises en France, disposer de ce genre de talent est extrêmement précieux, surtout dans le cadre de syndications, confie Jilali Maazouz, associé du cabinet. Nous gérons pour nos clients français des dossiers de contentieux complexes, notamment en propriété intellectuelle, avec une portée internationale, en Europe et aux Etats-Unis. Il est pour nous essentiel de collaborer avec l'ensemble de nos bureaux dans le monde. Travailler en équipe, soudés, solidaires les uns des autres - à la manière des énomoties spartiates - c'est notre conception à Paris du métier d'avocat. » Reste à savoir quand la section française de McDermott permettra au cabinet de faire une percée dans les fameuses league tables des conseils juridiques en fusions-acquisitions : pour l’heure, il n’y apparaît pas, que ce soit au niveau France, Europe ou monde.

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