Un homme, une équipe

Marc Romano rapproche les équipes multigestion de Rothschild et de HDF

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Les offres de Rothschild & Cie Gestion et de HDF Finance se concentrent pour déboucher sur des solutions davantage tournées vers les besoins des investisseurs.

Marc Romano rapproche les équipes multigestion de Rothschild et de HDF

Ce n’est nullement une opération défensive mais un projet de croissance », lance Marc Romano, qui vient de prendre la tête du nouvel ensemble Rothschild HDF Investment Solutions (4 milliards d’euros d’actifs, dont 2 en gestion alternative). Le rapprochement des équipes de multigestion de Rothschild & Cie Gestion et de HDF Finance est venu ponctuer, avant l’été, une vague de fusions dans le secteur de la multigestion alternative en France (lire l'encadré). Annoncé en mai, le nouvel ensemble vient d’être mis sur les fonts baptismaux le 30 septembre. « Jean-Louis Laurens (associé-gérant et président de Rothschild & Cie Gestion, NDLR) voulait quelqu’un de neuf et de neutre ayant une forte dimension internationale pour mener le rapprochement », poursuit Marc Romano, un homme de défis. Depuis 2009, il dirigeait Schröders New Finance Capital, où il a plus que doublé l’actif sous gestion à 4,6 milliards d’euros en regroupant les multigestions classique et alternative.

Pour porter son ambition cette fois, il aura comme armes la multigestion alternative de HDF et celle de Rothschild, la multigestion classique de Rothschild et les actifs d’Heritage AM repris en début d’année. Le nouvel ensemble est organisé en trois pôles : la gestion, codirigée par Christophe Jaubert, ancien responsable de la gestion chez HDF Finance, et Marc Terras, responsable de la multigestion classique chez Rothschild ; Investment Solutions (l’ingénierie financière et la gestion déléguée), piloté par Diego Fluxa, auparavant responsable de la gestion alternative chez Rothschild ; et le business developpement (développement commercial), dirigé par Laurent Levenq.

« Aujourd’hui, nous entrons dans la phase opérationnelle, observe Marc Romano. Les préparatifs de la fusion sont en grande partie derrière nous. » Une fusion menée tambour battant. « Nous faisons le même métier, les discussions ont donc été efficaces et rapides », rapporte Christophe Jaubert. Elles avaient débuté plusieurs mois avant l’annonce officielle. Comme dans d’autres opérations de rapprochement, des groupes en charge des réflexions et de la supervision des opérations ont été organisés par lignes de métier et par thématiques sur des sujets aussi variés et cruciaux pour une société de gestion que les infrastructures et systèmes informatiques, les processus de gestion, la réorganisation de la gamme des produits, le middle et le back-office… « Cela a permis de mieux nous connaître », relate Diego Fluxa. Si les réunions se poursuivent, notamment concernant les systèmes informatiques et surtout la gamme, les aspects organisationnels sont aujourd’hui figés.

Apporter des solutions

Pour Marc Romano, malgré les nombreuses critiques qu’a essuyées ces dernières années la multigestion, elle est une composante nécessaire pour apporter des « solutions » aux clients. « Quand on s’intéresse aux besoins des clients, il faut être capable de mettre sur la table l’ensemble des instruments possibles, remarque Christophe Jaubert. L’idée est de rassembler toutes les expertises quelle que soit la classe d’actifs et les outils. » Pour faciliter les échanges, les équipes travaillent sur un même plateau. « Le jeu collectif est tout aussi important que la performance individuelle des briques constituant l’ensemble », estime Marc Romano.

Séparées dans un premier temps, les deux gestions, composées d’une vingtaine de gérants-analystes, vont travailler ensemble. Elles sont complémentaires et peuvent participer à la création de produits hybrides (classiques et alternatifs). « En multigestion classique, l’approche ‘top-down’ est prédominante, relève Marc Terras. Nous définissons un scénario économique et son impact notamment sur les valorisations des actifs. Nous en déduisons notre allocation d’où provient une grande partie de notre valeur ajoutée, puis, pour construire les portefeuilles, nous intégrons la valeur ajoutée des fonds sélectionnés par notre équipe d’analystes. » Une grande partie de sa journée est d’ailleurs consacrée à l’analyse macroéconomique et à la réflexion sur la pertinence des scénarios.

De son côté, l’équipe de Christophe Jaubert va avoir une approche bottom-up plus centrée sur l’analyse des fonds qui vont entrer dans la liste de sélection. « Je passe une grande partie de mon temps à rencontrer des gérants en Europe, aux Etats-Unis, en Asie », explique ce dernier. Cela tient à la spécificité de ces produits où, au-delà de l’intérêt des techniques de gestion proposées, le contrôle des risques opérationnels est crucial. Les deux équipes travaillent ensemble au quotidien, en partageant des informations mais également dans différents comités. « Le comité d’allocation est commun et il y a des participations croisées dans les comités de sélection et de gestion », souligne Marc Romano. Ce dernier pilote le comité des risques et intervient dans les contrôles de deuxième niveau (contraintes de gestion, limites de risques…).

La nouveauté dans le dispositif est la création d’une équipe d’ingénierie financière avec pour objectif de développer une boîte à outils et des solutions. « Nous allons travailler avec l’ensemble des pôles : les équipes de gestion, pour mettre en œuvre les produits, et le 'business development', pour mieux accompagner les clients sur leurs besoins tant en termes de produits que de services ou de conseils », expose Diego Fluxa. Dans son équipe, composée de cinq personnes, l’une d’entre elles va se concentrer sur l’un des principaux projets du pôle : mettre en place une plate-forme de comptes gérés pour offrir cette solution aux clients qui le souhaiteraient. « Il y a une demande forte pour ce type d’outils par des clients qui cherchent des solutions d’investissement qui offrent une plus grande transparence et une meilleure maîtrise des risques », ajoute Diego Fluxa. Mais plutôt que de créer sa propre plate-forme, Rothschild HDF IS veut nouer un partenariat avec un des gros acteurs de la place. Au-delà de ce type d’outils, le rôle de ce pôle est de proposer des solutions en réponse aux besoins des clients avec un sujet récurrent, celui des contraintes imposées par les évolutions du cadre réglementaire comme Solvabilité II. Enfin, le pôle Développement commercial fait le lien entre la gestion et les équipes de ventes de la maison. Avec ce dispositif, ce nouveau venu dans la gestion veut devenir une entité leader sur le marché européen des solutions d’investissement avec pour objectif d’augmenter de plus de moitié l’actif sous gestion d’ici à cinq ans.

L'EQUIPE

Christophe Jaubert, 44 ans,co-CIO et head multigestion alternative

Pierre de Croisset, 70 ans, chairman du comité d’investissement

Liqun Hocquard-Xu, 50 ans, co-head multigestion classique

Thibaud de Vitry, 50 ans, senior advisor

Marc Romano, 45 ans, CEO de Rothschild HDF Investment Solutions

Marc Terras, 41 ans, co-CIO, co-head multigestion classique

Mathilde Chevallier, 45 ans, distribution privée

Diego Fluxa, 39 ans, head investment solution

Laurent Levenq, 37 ans, head business development

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