Baromètre de la banque Michael Page-L'Agefi

Léger regain de confiance des cadres bancaires pour l’emploi

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

En chute depuis deux ans, le moral des salariés s’est redressé début janvier. Ce qui pourrait faire repartir les mobilités.

rès des années de morosité, les cadres bancaires sont plus confiants quant à la situation du marché de l’emploi dans leur secteur. Ce signal positif est visible dans le dernier Baromètre de la banque, réalisé par Michael Page en partenariat avec L’Agefi*. Lors de la précédente enquête de 2013, le niveau de confiance – à 43 % – n’avait jamais été aussi bas depuis le lancement du Baromètre fin 2009. Les « confiants » étaient alors 68 %. Depuis novembre 2011, période qui coïncide avec l’annonce de plans sociaux dans les banques de financement et d’investissement (BFI), le moral des salariés bancaires n’a cessé de chuter.

En janvier 2014, il remonte donc, avec 48 % de « confiants » (graphique 1). Ce regain d’optimisme se reflète à travers une autre donnée : leur motivation au travail par rapport à l’année passée. Seuls 26 % des répondants affirment qu’elle est en baisse, tandis qu’elle est en hausse pour 26 % d’entre eux et stable pour 48 %. « Après dix-huit mois difficiles pour l’emploi bancaire, on sent une petite inversion de tendance dans le sentiment de confiance des salariés. Le volume d’offres en banque de détail est aussi un peu plus élevé, relève Anne-Sophie Luçon, manager exécutif senior chez Michael Page. Les personnes qui ne sont pas pleinement satisfaites de leur poste mais qui sont restées à cause de la crise, pourront à nouveau avoir envie de bouger. »

D’autres critères de mouvement

Cette volonté de changer d’employeur apparaît clairement à travers l’écoute active du marché (la recherche d’emploi) par les sondés, qui exercent à plus de 60 % en banque de détail. Début janvier, cette écoute active atteint 56 % (graphique 2), contre 40 % en avril-mai 2013. Ce retournement peut surprendre à l’heure où l’emploi des cadres est touché par la crise. L’étude annuelle de l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec) fait ainsi état d’une baisse de 10 % des recrutements de cols blancs en 2013. Et cette année, leurs embauches devraient s’inscrire en hausse de 0 % à 5 %, selon l’Apec. Dans le secteur bancaire, le modèle de recrutement des cadres a sensiblement changé, comme l’explique Anne-Sophie Luçon : « On est passé depuis quelques années d’une culture de volume à une approche chirurgicale qui vise à dénicher des profils d’experts, aussi bien dans les fonctions commerciales que dans les fonctions supports les risques ou la conformité ».

Autre changement notable, parmi les critères retenus pour changer de poste (graphique 3), trois prennent de l'importance, indiquant que les cadres ne se focalisent plus uniquement sur la rémunération. Si cette dernière reste le premier élément pour bouger, elle fléchit de quatre points à 80 % par rapport à la dernière enquête. A l’inverse, la mission et les responsabilités font un bond de cinq points à 74 %. Et les trois critères liés à la dimension internationale, la qualité des interlocuteurs pendant le recrutement et l’image-notoriété, qui étaient sous la barre des 10 % en avril-mai 2013, progressent eux aussi.

Néanmoins, si les professionnels se sentent prêts à être mobiles, un facteur pourrait jouer défavorablement sur leurs mouvements. Il s’agit de la période d’essai, de plus en plus redoutée par les salariés. « Elle est devenue un vrai élément de négociation. Il arrive souvent que le candidat veuille la réduire, voire la supprimer. Cela peut parfois se faire, mais c’est un sujet un peu tabou dans le monde bancaire », conclut Anne-Sophie Luçon.

*Etude menée du 7 au 21 janvier 2014 auprès de 289 professionnels exerçant dans les différents métiers : banque de réseau (62 % des répondants), banque de financement et d’investissement (9 %), services financiers spécialisés (13 %), banque privée (7 %), gestion d’actifs (3 %), autre type d’établissements (6 %).

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