PORTRAIT Anne Richards, CIO* et responsable des stratégies alternatives au sein d’Aberdeen Asset Management

De l’électronique à la gestion d’actifs

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Si l’on s’en tient au seul énoncé de ses études, Anne Richards, actuelle responsable de l’investissement chez Aberdeen Asset Management, n’aurait jamais dû connaître le monde de la finance. Après un diplôme obtenu à l’université d’Edimbourg en électronique et électrotechnique, elle démarre sa carrière professionnelle au Cern à Genève : « C’était un monde fascinant et dans lequel j’ai eu la possibilité de côtoyer de grands physiciens, se souvient Anne Richards. Mais leur objectif était sur une échéance de trente à quarante ans et je ressentais le besoin d’une finalité plus immédiate. » De retour en terre britannique, elle opte pour un poste de consultante en gestion de projet avant de renouer avec les études : un MBA réalisé à l’Insead lui fait découvrir la finance d’entreprise. « J’ai vraiment eu le sentiment de trouver mon chemin de Damas, explique-t-elle. J’ai trouvé quelque chose qui pouvait m’assurer à la foi un défi perpétuel et un centre d’intérêt sans fin. » Après un poste d’analyste, la voilà recrutée par JPMorgan Investment Managers à un poste de gestionnaire de portefeuille où elle restera cinq ans, avant de rejoindre Merrill Lynch Investment Managers à un poste de managing director en 1999.

Trois ans plus tard, la possibilité de rejoindre le conseil d’administration d’Edinburgh Asset Management, une société cotée, se présente : « Il s’agissait d’une société purement investie en actions, ce qui, en 2002, posait un certain nombre de problèmes », se remémore-t-elle. Quelques semaines après son arrivée, elle doit faire face à une révolte des actionnaires qui conduira très vite à la démission du président, de trois des présidents non exécutifs et aussi plus tard du directeur général. Mise en vente, la société sera finalement acquise en 2003 par Aberdeen Asset Management dont les actifs sous gestion atteignaient à l’époque 29,2 milliards d’euros (221,5 milliards d’euros au 31 mars 2012). Pour la responsable de l’investissement et des stratégies alternatives, la mission est alors clairement de diversifier les portefeuilles d’investissement, largement exposés aux actions, à d’autres classes d’actifs. Les acquisitions d’une partie des actifs de Credit Suisse fin 2009 et d’un portefeuille d’actifs de RBS pour 84,7 millions de livres en janvier 2010 dans la multigestion, essentiellement au travers de fonds de hedge funds (4 milliards) et de fonds de fonds en gestion traditionnelle, lui donneront ainsi la plate-forme nécessaire pour démarrer ces activités. Mission accomplie : par classes d’actifs, si les actions représentent toujours 47 % du groupe, les solutions de gestion alternative recouvrent désormais 14 % de l’ensemble.

*Chief investment officer

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