Dossier Formations en finance

L’alternance en BFI, le tremplin pour décrocher un emploi

le 22/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Elitistes dans leurs recrutements, ces métiers s’ouvrent à des masters qui conjuguent cours et stage en entreprise.

Révolue l’image de l’apprenti assigné aux travaux manuels ! Depuis le plan Borloo en 2005 et sous la pression législative, l’apprentissage progresse, notamment sur les diplômes de niveau I et II (licence et master). Plus récente, la loi Cherpion du 28 juillet dernier veut développer l’alternance encore davantage. Traditionnellement ouvert à ce dispositif, le secteur bancaire accueille 8.000 apprentis par an, selon le Centre de formation de la profession bancaire, 15 % à 20 % des recrutements étant réalisés par ce biais. Classique dans la banque de détail, l’alternance touche désormais des métiers plus élitistes, comme ceux de la banque de financement et d’investissement (BFI). Plusieurs formations professionnelles existent : le master 268 BIM (banque d’investissement et de marché) de l’université Paris-Dauphine, celui sur le contrôle des risques bancaires, sécurité financière et conformité à La Sorbonne, celui sur les métiers bancaires à Créteil, sur la finance d’entreprise et des marchés à l’université catholique de Lille, sur le management des opérations de marché à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon…

« Au début, il a fallu lutter pour faire accepter l’apprentissage sur les métiers de la BFI, confie Sofiane Aboura, codirecteur du master 268 BIM, qui s’appuie sur un partenariat avec BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Natixis, HSBC et JPMorgan. J’ai appelé personnellement des 'traders', il a fallu convaincre métier par métier, manager par manager, plus habitués à prendre des stagiaires. »

Débloquer l’ascenseur social

Pour coller aux contraintes de ces métiers exigeants, le 268 BIM alterne quatre jours en entreprise avec des cours le lundi et six semaines d’enseignement bloquées. Pour les jeunes, un des avantages réside dans le fait d’être considéré comme un salarié à part entière (avec une rémunération, donc) et de mener parallèlement des études. Une façon de débloquer l’ascenseur social. « A l’université où une majorité des étudiants sont issus de milieux modestes, l’apprentissage est vecteur de promotion sociale. Certains n’auraient pas les moyens de se loger à Paris pour suivre un stage, observe Charlotte Pasquier Desvignes, responsable du master 2 management des opérations de marché à Lyon 2, qui compte notamment parmi ses entreprises d’accueil BNP Paribas, Natixis et Société Générale. Rémunérés à hauteur de 1.500 euros brut en moyenne, nos étudiants occupent un poste à temps plein et se voient confier de vraies missions. » Sofiane Aboura souligne : « Comparé à un stagiaire, un apprenti peut juridiquement assumer plus de responsabilités. Par exemple, il peut négocier sur les marchés, il peut avoir des contacts avec la clientèle, remplacer son manager. » Avec le risque, en période de réduction d’effectifs, d’occuper de vrais postes... Triés sur le volet (le 268 BIM recrute 26 étudiants sur plus de 250 dossiers reçus), les apprentis décrochent sans mal un contrat (CDI, CDD, VIE - volontariat international en entreprise) comme sales trader, analyste financier, gestionnaire des risques, conseiller en fusions-acquisitions, etc. La moitié du master 268 BIM est ainsi en poste, le diplôme à peine décroché. « En banque d’affaires où les places sont chères, l’apprenti peut commencer à construire son réseau et prétendre à la mobilité interne, un des canaux privilégiés par les recruteurs », vante Sofiane Aboura. « Il y a une continuité dans l’apprentissage : une fois que les jeunes ont compris ce qu’on leur demandait, ils deviennent rapidement opérationnels, ce qui explique qu’ils soient par la suite embauchés avec une grande facilité », conclut Charlotte Pasquier Desvignes.

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