Un homme, une équipe

Judicaël Perrin installe Palatine sur le marché du cinéma et des médias

le 11/07/2013 L'AGEFI Hebdo

En trois ans, la banque des PME est parvenue à séduire producteurs et distributeurs grâce à son approche sur mesure.

C’est en 2008 que Judicaël Perrin rejoint la Banque Palatine pour développer la clientèle de grandes entreprises, à partir de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Parmi les secteurs d’activité à cibler, Jean-Marc Ribes, membre du directoire, et Judicaël Perrin identifient notamment le cinéma et les médias comme niche à potentiel : peu de banques s’y intéressent vraiment et les métiers deviennent plus complexes. Après une réflexion assez poussée, Palatine se lance. Il faut faire jouer les synergies au sein du groupe BPCE qui détient parmi ses filiales Natixis Coficiné, un des leaders du financement du cinéma. Une équipe est créée en 2010. Banque à taille humaine privilégiant le contact humain et la valorisation de ses expertises, Palatine mise beaucoup sur ses deux spécialistes médias-cinéma, Cédric Depierre et Yoann Melloul, rejoints bientôt par deux assistantes Fouzia Chaouki et Lina Wahid. Une liste de 150 entreprises cibles est établie : des producteurs, distributeurs et exploitants de salles de cinéma, des sociétés fabriquant ou louant du matériel (caméras, équipement de plateaux…), ou des spécialistes de la post-production (effets spéciaux, sous-titrage, doublage…), ainsi que des producteurs de télévision et des groupes d’animation. Leurs besoins résident surtout dans la gestion des flux de trésorerie. « Par exemple, un distributeur achète les droits d’un film et les revend à diverses chaînes de télévision qui paieront des droits de passage seulement au moment de la diffusion du film, détaille Judicaël Perrin. Notre rôle est donc de leur apporter de la trésorerie en ayant bien évalué le risque qui devient fort si nous ne connaissons pas parfaitement les clients, leurs forces, leurs faiblesses mais aussi la réglementation et la chronologie des médias. »

Financements syndiqués

La Banque Palatine a choisi de ne pas proposer directement de crédits de production, mais se positionne comme partenaire de Coficiné et de Cofiloisirs et prend une part dans les financements. « Nous proposons la mobilisation de créances, de contrats, de relais aux producteurs et aux distributeurs, et les accompagnons à moyen terme sur les projets de croissance et d’acquisition, indique Judicaël Perrin. Nous gérons les flux et la trésorerie et savons nous appuyer sur le réseau BPCE pour mettre des moyens de paiement à disposition de nos clients partout en France pour les tournages. A l’international, notre offre de crédit documentaire est d’excellente qualité. En outre, nous adaptons toute l’expertise de Palatine aux besoins de nos clients : haut de bilan, sujets immobiliers, gestion privée... » La gamme étant là, restait à le faire savoir.

Pour se faire connaître d’emblée, la banque devient partenaire de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes dès 2011. Sa notoriété se construit ainsi très vite car tout le monde du cinéma s’y côtoie chaque année et s’intéresse à ce nouveau partenaire qui envoie des signes rassurants : Palatine veut être une banque de référence du secteur, elle est donc prête à s’investir à long terme. Autre partenariat, plus récent néanmoins, celui signé il y a peu avec l’Association des professionnels de l’audiovisuel pour soutenir et contribuer à la réflexion menée lors de la Journée de la Création TV, réunion annuelle du métier dont la dernière édition s’est tenue le 4 juillet à Fontainebleau. Enfin, la banque sera également présente à l’Assemblée des Médias (anciennement La Nuit des Médias), un événement qui a lieu à Paris en décembre.

Outre ces vecteurs puissants de notoriété, Palatine mise beaucoup sur l’approche relationnelle. C’est le rôle des deux chargés de clientèle qui, chacun ayant une expérience solide dans le secteur, ont su faire jouer leur expertise et leur carnet d’adresses. Cédric Depierre est notamment l’un des cofondateurs du festival de cinéma européen des Arcs et sait à quel point la proximité dans la relation est importante dans ce milieu. « Le cinéma et les médias fonctionnent dans une économie de projet, souligne-t-il. L’important est d’être en contact très régulier avec les clients pour savoir quels sont les projets en cours et quel est leur niveau d’avancement. Ensuite, il faut être disponible et réactif, voire anticiper les besoins en proposant des services. Notre savoir-faire réside dans l’évaluation des projets, de leur complexité, de leurs facteurs de risques, en particulier les retards de production qui se répercutent sur les coûts en charges salariales, en location de matériel, de décors… afin d’anticiper l’ajustement possible des lignes de crédit. Nous cherchons à travailler avec des producteurs et réalisateurs installés et reconnus qui sont en mesure de prévenir ces problèmes. »

Banque de référence

La Banque Palatine a ainsi accompagné des films grand public tels que Cloclo de Florent Emilio Siri avec Jérémie Rénier ou Le Prénom d’Alexandre de la Patellière avec Patrick Bruel, ou encore des séries TV comme Un Village Français diffusée sur France 3 ou la série d’animation Le Petit Prince. « Nous sommes désormais bien visibles, estime Yoann Melloul, ce qui suscite de nombreux contacts spontanés, en particulier par recommandation. Nous avons montré aux producteurs, distributeurs et autres professionnels du secteur que nous étions présents pour nous inscrire dans la durée, que nous nous intéressons aux perspectives de ces entreprises et que nous sommes prêts à les accompagner dans leurs prévisions et dans leurs projets. Il reste encore de nombreuses offres à imaginer pour aider ce secteur en pleine évolution à se financer et nous y travaillons. » La banque a d’ailleurs créé il y a deux ans un fonds ISF pour le cinéma et gère depuis une dizaine d’années la Sofica Palatine Etoile (ex-Uni Etoile).

En moins de trois ans, Palatine semble avoir trouvé sa place sur ce secteur. Elle compte déjà parmi ses clients une soixantaine des sociétés ciblées et augmente sa part d’activité avec eux. Entre 2011 et 2013, le PNB devrait tripler et la tendance se poursuivre en 2014. Le développement tend même à s’accélérer : « Nous aspirons à être une banque de référence désormais. Sur les cinq premiers mois de 2013, nous avons déjà ouvert autant de comptes de films et de séries que sur toute l’année 2012, se félicite Judicaël Perrin. C’est le résultat d’une qualité de service élevée et d’une offre qui couvre tous les besoins des ETI (entreprises de taille intermédiaire), mais c’est aussi révélateur du faible nombre d’acteurs bancaires sur ce secteur. Notre développement a été rapide mais maîtrisé. Nous nous sommes formés pour cela et le coût du risque en 2011 et 2012 n’a nécessité aucune provision. » C’est tout un art d’être banquier…

L'EQUIPE

Cédric Depierre,chargé d’affaires

Lina Wahid,assistante

Judicaël Perrin,directeur de la clientèle grandes entreprises et institutionnels

Fouzia Chaouki,assistante

Yoann Melloul,chargé d’affaires

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