Rencontre avec... Alain Delouis, DRH de Natixis, titulaire du MBA de HEC-Institut supérieur des affaires

« Intégrer des problèmes plus complexes et franchir un cap »

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Pensez-vous que suivre un MBA est pertinent pour un professionnel de la finance ?

Dès lors que les financiers veulent sortir d’un domaine d’expertise, oui, entreprendre un MBA a du sens. Dans le secteur de la banque, les jeunes ont tendance à se spécialiser très rapidement. Donc pour ceux qui souhaitent appréhender le management global ou aller vers des fonctions plus transversales, le MBA est une bonne préparation. En outre, l’élément fort d’un MBA est son brassage culturel. Les participants rencontrent des professionnels qui n’ont pas le même mode de raisonnement qu’eux, ils étudient des business cases où les solutions ne sont pas binaires, cela permet d’intégrer des problèmes plus complexes et de franchir un cap.

Lorsque vous examinez des profils de collaborateurs et de candidats, la mention MBA est-elle une valeur ajoutée à vos yeux ?

Suivre un MBA demande un réel effort, c’est pourquoi je considère cette formation comme un signe positif lorsque je la vois dans un parcours. C’est un indicateur de la personnalité, cela montre qu’il s’agit d’un professionnel qui a réfléchi à sa carrière, qui a une idée de ce vers quoi il veut aller. En France, sur les trois métiers cœurs de Natixis (BFI, Epargne, Services financiers spécialisés), 35 collaborateurs, sur un total de près de 11.000, sont titulaires d’un MBA. Nous pouvons, notamment dans le cadre des actions de développement de nos hauts potentiels et dans la perspective de la préparation d’une évolution interne programmée, aider financièrement un collaborateur qui souhaiterait s’inscrire en MBA.

Avez-vous une perception différente entre un MBA d’une grande université américaine et un MBA d’une grande école française ?

Je ne fais pas vraiment de différence. Les MBA français ont réalisé beaucoup d’efforts pour s’internationaliser, c’est ce qui fait leur richesse. Harvard, Wharton, Columbia et Standford sont des programmes prestigieux mais HEC et l’Insead n’ont vraiment pas à rougir de la comparaison !

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