Un homme, une équipe

Hervé Postic rapproche les banques et les entreprises avec Utsit

le 20/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Créée il y a dix ans, sa société de conseil en communication bancaire dématérialisée s’est imposée sur les sujets de trésorerie en alliant l’expertise technique et relationnelle.

Hervé Postic rapproche les banques et les entreprises avec Utsit

Avec Hervé Postic, de simple outil d’échange, l’informatique devient un instrument de partage du savoir. Y compris dans les relations souvent délicates entre les banques et les entreprises. Il est vrai que le fondateur et directeur général d’Utsit ne craint pas de revenir sur les situations établies quand il est sûr de son cap. C’est ainsi qu’après un début de de carrière comme officier de cavalerie issu de Saint-Cyr, il a tourné casaque pour se consacrer aux systèmes d’information. Après une dizaine d’années en tant que consultant sur les problématiques d'e-banking auprès des entreprises, il fonde son propre cabinet en 2002. Avec aujourd’hui sept consultants, celui-ci s’est imposé dans les échanges dématérialisés entre les banques et les entreprises, comptant les plus grands noms d’entre elles parmi ses quelque cent clients, outre des éditeurs.

Artisan de la percée de SwiftNet

A la clé de cette ascension rapide, l’anticipation par Utsit des liens que Swift allait tisser, à partir de 2004, avec les entreprises. « A la fin des années 90, des groupes - tels Total, Usinor (devenu Arcelor)… - avec lesquels je travaillais ont souhaité demander à Swift de s’ouvrir aux entreprises pour leur permettre de choisir plus librement leurs banques, sans être tributaires de systèmes de messagerie propriétaires, raconte Hervé Postic. L’idée de créer Utsit vient de là et ces clients nous sont restés fidèles. » Utsit a été l’artisan de la percée de SwiftNet parmi les corporates, avec aujourd’hui 250 clients de cette catégorie en France et 800 dans le monde. « Au départ, il a fallu convaincre à la fois les banques, les entreprises et les éditeurs de la pertinence du projet, alors même que certaines banques y opposaient une forte résistance, se souvient Hervé Postic. Elles y voyaient la fin de relations captives avec leurs clients entreprises, un mouvement de toute façon inéluctable. »

Pour motiver les parties prenantes, Hervé Postic leur donne l’opportunité de se rencontrer et de se comprendre. Depuis 2003, il organise une manifestation à leur intention, « Universwiftnet », une journée annuelle consacrée à la messagerie bancaire. Ateliers techniques alternent avec des débats riches d’informations et bien rythmés, dans une ambiance résolument conviviale. Le succès est au rendez-vous, avec pas moins de 1.000 participants attendus pour le dixième anniversaire du colloque prévu en février prochain. « Universwiftnet a joué un grand rôle pour convaincre les acteurs concernés, souligne Hervé Postic. Mon objectif consiste à faire parler les participants librement, sans débat stérile, à favoriser un vrai forum de discussion, à l’opposé des monologues habituels dans les conférences. » Pour cela, les échanges ont été minutieusement préparés. « Les acteurs maîtrisent la situation, savent ce qui va être dit, donc ne subissent pas de pression », explique Hervé Postic. Signe que la manifestation sponsorisée par des grandes banques qui alternent au fil des ans est organisée pour servir les participants, le nom d’Utsit n’y est pas évoqué.

Au-delà de la messagerie bancaire, le cabinet s’intéresse à tous les sujets de trésorerie d’entreprise. Pour qu’il reste focalisé sur des thèmes porteurs, la méthode du dialogue est encore privilégiée : un groupe de travail interentreprises, le GTIE, constitué d’une quinzaine trésoriers, est réuni six fois par an avec les consultants pour une séance de brainstorming et débouche sur des missions de type exploratoire. « Nous portons, pour le compte de ces grandes entreprises, des sujets innovants que nous faisons avancer en collaboration avec les banques, poursuit Hervé Postic. Il s’agit à la fois de mutualiser les développements utiles aux entreprises et de porter à leur connaissance les contraintes spécifiques des banques, d’expliquer leurs réponses aux demandes des entreprises. Mon objectif est d’établir un esprit de partenariat entre les unes et les autres, d’éviter crispations et dysfonctionnements. »

Culture maison

Ainsi axé sur la phase amont des sujets de trésorerie, le travail chez Utsit est frappé du sceau de l’exigence. « La culture maison est très marquée, faite de rigueur et précision pour s’appliquer à des techniques très pointues en systèmes d’information en même temps qu’il faut une bonne connaissance du métier de trésorier, expose Hervé Postic. Nous préférons donc recruter des jeunes issus directement de leurs études et les former nous-mêmes, quitte à attendre neuf mois avant qu’ils puissent facturer leurs interventions en clientèle ».

L’agilité intellectuelle attendue des collaborateurs a ses nécessités. « L’innovation constituant le moteur de notre activité, nous sommes tenus de nous former en permanence aux nouvelles solutions touchant les problématiques de trésorerie, rapporte Loïc Colcomb, consultant associé. Les missions de conseil chez les clients y contribuent et en outre, chacun réserve du temps pour se documenter et faire de la veille sectorielle. Par ailleurs, les consultants consacrent au minimum une journée par mois à découvrir les nouvelles offres des éditeurs. »

Les avancées technologiques qui se sont fait jour depuis la fin des années 90 contribuent à multiplier les missions d’identification de solutions. « Il y a aujourd’hui, indéniablement, beaucoup de projets de renouvellement d’outils suite à une certaine obsolescence technique des systèmes de trésorerie des entreprises, relève Loïc Colcomb. Désormais, elles cherchent à améliorer les échanges avec leurs filiales, et les offres tout internet, de déploiement facile, connaissent un grand succès. » De même, le Sepa (Single Euro Payments Area) suscite de nombreuses demandes. « Nous aidons les entreprises à se conformer aux spécifications, indique Brice Allignon, consultant. Nous nous employons ainsi à recueillir les exigences des banques, à définir un standard et à le partager avec les éditeurs. Notre objectif est que le Sepa représente pour les entreprises une amélioration, par exemple en facilitant les rapprochements comptables grâce à l’information plus pertinente qui peut être véhiculée par les moyens de paiement. »

Une fois cette étape franchie, Hervé Postic ne doute pas d’intéresser les trésoriers avec d’autres sujets porteurs. « Après Sepa, il nous semble que le prochain thème qui occupera les entreprises dans la communication bancaire dématérialisée sera celui de la facturation électronique, avance Hervé Postic. Il recèle un grand gisement de productivité mais il faudra, comme avec SwiftNet, réaliser un important travail d’évangélisation. Lors de la dernière journée Universwiftnet, l’atelier consacré à ce sujet a rassemblé 200 participants, nous pouvons mieux faire ! »

L'EQUIPE

François Lemaire,42 ans, consultant senior

Agnès Boucher,40 ans, office manager

Brice Allignon,26 ans, consultant

Hervé Postic,48 ans, fondateur, associé majoritaire et directeur général

Julie Poirier,24 ans, consultant junior

Loïc Colcomb,39 ans, consultant associé

Eric Gayno,36 ans, consultant associé

Patrick Bert,47 ans, consultant senior

 

 

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