Rencontre avec… Pierre-Emmanuel Dupil, directeur général de Michael Page France

« La frilosité et l'inquiétude sont aujourd'hui largement dominantes »

le 14/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Votre dernier Baromètre de la banque* réalisé en janvier montre que les cadres du secteur sont très à l’écoute du marché (voir le graphique 3), faut-il en déduire qu’ils ont réellement envie de bouger ?

Pas forcément. La crise a de façon générale un effet inhibant qui rend les mobilités très difficiles. Le marché de l’emploi n’est pas fluide en raison de la frilosité et de l’inquiétude qui sont aujourd’hui largement dominantes chez les cadres. Lorsque ces derniers sont sollicités par un recruteur, ils multiplient les questions sur le poste proposé, l’entreprise, l’environnement de travail… On sent qu’ils ne souhaitent pas se mettre en danger. D’ailleurs, on constate que les processus de recrutement ont été allongés.

Les cadres de banques et les candidats gardent-ils une bonne image de ce secteur ?

Il y a un grand paradoxe : les banques françaises ont globalement bien résisté face à la violence des crises successives et elles demeurent un socle fondamental pour l’économie, mais elles sont régulièrement pointées du doigt. Toutefois, chez les cadres du secteur, cela ne se traduit pas vraiment puisque notre sondage de septembre 2012 indiquait que 69 % d’entre eux en gardent une bonne ou plutôt bonne image. Quant aux candidats, leur perception reste aussi positive. Ils continuent à considérer la banque de réseau comme un secteur stable et porteur d’une charte sociale favorable pour les salariés.

Et que pensent les cadres de banques de financement et d’investissement ?

Dans le dernier Baromètre, il ressort de façon assez évidente que les cadres de banques d’investissement se sentent en première ligne face aux pressions actuelles (conjoncturelles, réglementaires, politiques…). Ils ne se font pas d’illusions sur leur rémunération (64 % s’attendent à ce que ce contexte ait un impact), notamment leur bonus, et ils sont plus d’un sur deux à anticiper des conséquences sur leurs perspectives de carrières.

*Enquête en ligne réalisée du 16 janvier au 1er février 2013 auprès de candidats de Michael Page en France (230 réponses).

A lire aussi