PORTRAIT Emmanuel Roman, COO* de Man et CEO* de GLG

Un Français au cœur de la reconfiguration des hedge funds

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Emmanuel Roman était encore il y a quelques années un pur produit Goldman Sachs, où il aura passé 18 ans de sa vie. Happé en 1987 par la banque d’investissement alors qu’il n’avait pas encore bouclé son doctorat d’économie à l’Université de Chicago, le Français a multiplié les responsabilités successives (les dérivés actions, le prime brokerage - services aux hedge funds -, les actions européennes…). Pourtant, le désormais numéro deux de Man, le leader européen du marché des hedge funds (fonds directs et fonds de fonds) avait, étudiant, l’ambition de faire carrière dans le monde académique, de devenir professeur d’économie. « Il m’a été proposé de poursuivre des travaux de recherche au sein de Goldman Sachs, en particulier en matière de modélisation de portefeuille, et je ne regrette pas mon choix car mon activité a toujours été très satisfaisante intellectuellement », affirme Emmanuel Roman.

Pourtant, en 2005, il eut le sentiment d’être « allé au bout du parcours chez Goldman Sachs, après avoir touché à beaucoup de métiers différents ». Surtout, il souhaitait alors « vivre un nouveau challenge personnel, se réinventer et avoir plus d’influence sur la structure, en passant d’une grande banque internationale à une PME, GLG, dans un domaine, les ‘hedge funds’, que je couvrais depuis de nombreuses années chez Goldman Sachs ». C’est ainsi qu’il a, en septembre 2005, rejoint ce gérant britannique alors indépendant, pour accompagner son développement en tant que codirecteur général, et en particulier sa cotation à New York, puis sa fusion en octobre 2010, avec le géant du marché, Man, dont il a intégré le board en mai 2011. Un rapprochement à ses yeux indispensable dans le contexte de l’après-2008, qui incite les investisseurs à faire confiance à des établissements de plus grande taille.

Aujourd’hui, il n’est cependant pas inquiet quant au potentiel des hedge funds. « Nous étions en concurrence avec les banques sur plusieurs marchés, le crédit et les convertibles en particulier, mais elles s’en sont retirées et nous bénéficions de ‘spreads’ plus importants désormais, ce qui nous permet d’obtenir de bien meilleurs résultats depuis trois ans », observe-t-il. Si, d’ailleurs, il juge « la stigmatisation de la finance peu productive », il trouve « le rapport Vickers (sur la filialisation des activités de banque de détail) extrêmement intéressant, une moindre profitabilité des banques s’avérant nécessaire ».

*COO : chief operating officer ; CEO : chief executive officer

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