Benoît Desserre, directeur des services de paiements & cash management de la division Global Transaction Banking de Société Générale.

La foi du banquier chevillée au corps

le 30/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Après avoir bourlingué de New York à Sydney en passant par Dallas, Benoît Desserre a fini par jeter l’ancre à La Défense en tant que directeur des services de paiements & cash management de la division Global Transaction Banking de Société Générale. Une maison qu’il connaît bien puisqu’il y a fait toute sa carrière depuis 1989. Certains itinéraires sont plus complexes que d’autres. Et dans le cas de Benoît Desserre, il serait plus juste de parler de périple dont le point d’arrivée est, pour l’instant du moins, à Paris. Le communiqué annonçant sa nomination est assez lapidaire, mais le nouveau directeur confesse une certaine réticence à laisser des traces, un certain goût de la discrétion, qui l’a par exemple conduit jusqu’à présent à ne pas s’inscrire dans les réseaux sociaux.

Dans la foulée d’un Deug d’économie à Paris il part faire sa licence et sa maîtrise à Caen afin (surtout) de satisfaire sa passion de la planche à voile sur les plages de Riva-Bella, à Ouistreham. Après un passage à Coventry Polytechnic en Angleterre dont il sort avec un master en finance et gestion en poche il rejoint le groupe Société Générale en 1989, mais éprouve très vite le besoin d’aller là où, selon lui, se trouve le vrai monde la finance, c’est-à-dire New York, où il débarque juste après s’être marié. Mais il ne tarde pas à cacher sa déception de travailler au milieu d’équipes françaises et s’en ouvre à son patron qui le nomme à Dallas, en tant que senior relationship manager. Là, Benoît Desserre est enfin à son aise au sein d’une haute concentration d’Américains. Seul hic, certains clients du cru ne voulaient pas traiter avec lui en raison de sa nationalité, reconnaissable à son accent. « J’ai alors pris la décision de me fondre dans le moule », affirme celui qui s’exprime désormais en version strictement originale.

Les métiers de la banque bougent et, en 1995, Benoît Desserre revient en France développer le département international de Commodity Finance, ce qui lui permet de reprendre la route jusqu’en Australie comme directeur de Commodities et Trade Finance. Il y goûtera les joies du bodysurfing à Bondy-Beach au milieu de lifeguards hommes et femmes plus vrais qu’au cinéma. Mais l’Australie et les 24 heures de vol le séparant de la France commencent à devenir un problème personnel. Benoît Desserre fait alors jouer son réseau pour revenir et adopter le métier historique du banquier, le cash management. Banquier il est, banquier il restera car il a « toujours cru » à ce métier, même au plus fort de la tempête financière. « Et mes clients me l’ont toujours bien rendu », ajoute-t-il pour enfoncer le clou.

Dans son bureau de La Défense il n’y a aucune décoration, sauf la reproduction d’une gouache d’Hugo Pratt représentant Corto Maltese, le célèbre aventurier de la BD dont Benoît Desserre semble connaître tous les volumes. « Mais ce qui nous différencie, précise-t-il, c’est que Corto Maltese est un solitaire et que moi j’aime le travail d’équipe. » Et puis Corto Maltese n’avait qu’une très vague idée du surf et du cash management.

Ses dates clés

50 ans. Diplômé d'un master en finance et gestion.

1989 : rejoint Société générale

1991 : s'installe à New York puis à Dallas.

1995 : département Commodity Finance à Paris puis départ pour l'Australie.

2003 : direction de l'agence Grandes Entreprises Paris Etoile avant d'intègrer GTB.

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