Le parcours de... Theodora Zemek, directrice de la gestion obligataire chez Axa Investment Managers

Financière et mélomane

le 28/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Le jour où Theodora Zemek arrive chez Axa Investment Managers (IM) comme directrice de la gestion obligataire après avoir occupé durant six ans la même fonction chez New Star Asset Management, la finance mondiale bascule dans la crise. « C’était en mars 2008, au moment où Bear Stearns faisait faillite », se souvient l’experte de la gestion obligataire qui cumule trente années d’expérience dans ce domaine. Pour cette Américaine de naissance qui a étudié la littérature française, la philosophie et l’histoire à l’université de Yale et de Cambridge, le défi professionnel n’était pas seulement lié à la crise, mais aussi à la dimension de management international de son nouveau poste. « Avant Axa IM, j’étais gérante, je gérais des fonds. Aujourd’hui, j’ai six équipes situées en France, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis et à Singapour. Elles comptent en tout 130 personnes. »

Basée à Londres, elle vient à Paris deux jours par semaine, « notamment pour participer aux réunions du comité de direction ». Ses déplacements sont fréquents et aucun jour ne se ressemble dans la vie de cette cadre dirigeante qui habite dans le comté du Kent : « La semaine dernière, j’animais un débat à Londres entre des banquiers de banques centrales. Aujourd’hui, je suis à Paris, je dois prochainement écrire un essai sur les marchés obligataires en vue d’un ‘roadshow’ pour les clients d’Axa IM… Parfois, j’oublie quelle langue je dois parler. Je prends un taxi en Angleterre et je lui donne des instructions en français ou l’inverse !  », plaisante-t-elle.

Si Theodora Zemek perçoit « de vrais efforts » chez son employeur actuel, elle observe que la mixité est peu présente parmi les managers dans la finance, notamment à la City. Après des débuts comme broker chez Lehman Brothers, elle travaille successivement chez Swiss Bank, Royal Bank of Canada, United Bank of Kuwait, James Capel Fund Managers, M&G… Des entreprises où les hommes dominent dans les postes à responsabilités. « Récemment, j’étais invitée à une conférence à Londres où j’étais la seule intervenante féminine. Et parmi les 200 invités, il n’y avait que sept ou huit femmes… » Et d’affirmer sans détour : « Je suis favorable aux quotas. » Toujours passionnée d’histoire et de littérature, fascinée par Madame de Staël, Hannah Arendt ou encore Berthe Morisot, la muse du peintre Manet, elle confie qu’elle aimerait un jour écrire une biographie sur « une grande dame du XVIIIe ou XIXe siècle ». En attendant, elle collectionne les instruments de musique rares du XVIIIe siècle. A l’entrée de son appartement parisien trône un clavecin ancien en bois et marqueterie. Dernière confidence de la spécialiste des marchés obligataires : « Je joue un peu de piano. Je joue du Bach, du Mozart… mais aussi Eric Clapton ! »

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