Dossier Profils gagnants Spécial Femmes

Les femmes ont des places à prendre dans la gestion d’actifs

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Dans un secteur fortement féminisé, elles ont de plus en plus accès aux postes de direction générale.

Si certains métiers de la finance peinent à faire émerger les femmes aux avant-postes, la gestion d’actifs leur offre a contrario de belles perspectives de carrières. Au fil des années, ce secteur s’est en effet fortement féminisé, d’abord dans les fonctions supports (ressources humaines, conformité), puis au sein des équipes commerciales et aux postes de gérants. « Le pourcentage de femmes gérantes en France doit être de l’ordre de 35 % à 40 %, estime ainsi Tania Petersen, principal chez CT Partners au sein de la practice finance. La gestion d’actifs est un secteur où les femmes ont leur légitimité et des places à prendre. Elles ont vraiment la part assez belle en France, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres pays où leur place est plus réduite. » Les exemples sont légion : Pascale Auclair, directeur de la gestion à La Française AM, ou Theodora Zemek, responsable mondial de l’activité fixed income chez Axa IM depuis fin 2007. Une liste loin d’être exhaustive. « Les femmes ne font pas forcément beaucoup parler d’elles, remarque Tania Petersen. Mais elles ont su démontrer leur savoir-faire et afficher de bons 'track records' (historiques de performance, NDLR) pour se faire remarquer et ainsi vendre leurs compétences pour des postes de direction. »

Un rythme adapté

Un secteur qui leur offre surtout l’avantage de pouvoir concilier carrière et vie privée. « Elles peuvent plus facilement gérer leur vie de famille car les sociétés de gestion d’actifs sont plus enclines à s’adapter au rythme de vie des femmes, observe Tania Petersen. Leur travail s’inscrit en effet dans une approche de long terme, elles n’ont pas besoin d’être sur le terrain 24h sur 24. »

Les femmes peinent malgré tout à se faire une place au niveau du top management. « Plus on monte dans la hiérarchie des sociétés de gestion et moins on trouve de femmes, où leur place est encore marginale, constate Tania Petersen. Toutefois, ce sont aujourd’hui des postes auxquels elles ont accès. » Preuve en sont les nominations, début 2012, d’Inès de Dinechin, au poste de directrice générale de Lyxor AM, ou de Sandra Craignou, promue coresponsable de l’entité française d’Aberdeen AM. De fait, les compagnies anglo-saxonnes ont été les premières à oser placer des femmes à la tête de leurs activités françaises, telles Karine Szenberg, directrice générale de JPMorgan AM France, Anne-Laure Frischlander qui dirige BNY Mellon AM France ou encore Patricia Kaveh, directeur général de Henderson Global Investors France. Autant d’exemples qui démontrent que « la gestion d’actifs est un secteur porteur pour les femmes », conclut Tania Petersen.

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