Dossier Profils gagnants Spécial Femmes

Une faible mixité en BFI

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

L’univers hautement concurrentiel de la banque de financement et d'investissement impose d’être combattive pour percer.

Etre dirigeante dans la banque de financement et d’investissement (BFI) vous place d’emblée dans un cercle d’initiées. A Paris, une banquière seulement dirige une banque d’affaires : Isabelle Seillier, présidente de JPMorgan France. D’autres se sont fait un nom dans les boutiques de fusions-acquisitions : Isabelle Xoual chez Lazard, Valérie Landon chez Credit Suisse ou encore Nadine Veldung chez DC Advisory.

Chez les acteurs français, les femmes sont très minoritaires dans les comités exécutifs des BFI : BNP Paribas en compte une seule pour 16 membres (lire ci-contre) et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (CA CIB) deux pour 14. Avec deux femmes pour dix sièges, Natixis atteint le ratio de 20 %, comme Société Générale (SG) CIB qui en compte quatre sur les 19 participants de son comex élargi (mais aucune parmi les sept responsables du comex restreint).

Certes, à la banque de La Défense, deux d’entre elles exercent des fonctions souvent dévolues aux femmes (communication et ressources humaines). Mais les instances dirigeantes de la BFI, remaniées depuis le début de l’année, comptent aussi deux patronnes de métiers : Diony Lebot, ancienne responsable Amériques nommée en avril à la tête de la BFI en Europe de l’Ouest et adjointe de la division métier relations clients et banque d’investissement, et Inès de Dinechin, revenue sur les marchés en tant que directrice générale de Lyxor Asset Management après un passage par les ressources humaines (lire page 33). SG CIB a aussi confié à Danielle Sindzingre la fusion de ses activités de fixed income et trésorerie (lire ci-dessous).

Isolement

Sur leur périmètre global, les BFI ne communiquent pas sur leur degré de mixité, sauf chez Natixis. Les femmes représentent 40 % de l’effectif total de la BFI du groupe BPCE mais ne sont que 22 parmi les 178 senior managers. Chez CA CIB, seules cinq d’entre elle figurent parmi les 70 représentants du management committee (10 %). « C’est une honte, c’est pire qu’un plafond de verre !, s’insurge une cadre de la banque. Les premiers cercles de direction de Crédit Agricole SA et de ses filiales devront compter 25 % de femmes en 2015 mais on en est loin. »

Certaines considèrent la discrimination positive comme la meilleure arme pour parvenir à une égalité de traitement. D’autres estiment que l’univers hautement concurrentiel de la BFI impose d’être combattive pour percer, sans bénéficier de dispositifs dédiés aux femmes, même si un certain « isolement » leur pèse parfois. Toutes s’accordent en revanche sur l’importance du coaching pour prendre confiance dans leur capacité à atteindre les plus hautes marches des métiers de marché et d’investissement.

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