PORTRAIT Nathalie Hartmann, responsable Resource & Portfolio Management de BNP Paribas CIB

« Etre tenace face aux nouvelles contraintes »

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Bâle III, ça va être très dur, mais on va le faire... », commence Nathalie Hartmann, responsable Resource & Portfolio Management au sein de la BFI de BNP Paribas, dont elle est aussi la seule femme du comité exécutif. Après son diplôme de HEC, elle enchaîne différents postes au département formation des réseaux BNP puis à l’agence de La Défense au service de grandes et plus petites entreprises, et à la direction financière sur le développement des financements structurés. Après trois ans comme secrétaire générale de ce département, incluant le suivi du « livre » des prêts corporate, la direction des risques lui propose de reprendre le Loan & Portfolio Management de la banque de financement et d'investissement (BFI). « A l’aube de la ‘révolution’ Bâle II, l’équipe avait mis en place les outils pour mesurer ex ante le retour sur capital ajusté des risques (RAROC) et optimiser ex post la consommation des fonds propres alloués au pôle via des opérations de couverture. » Avec la deuxième révolution qu’a été la crise de 2008, il a fallu étendre le dispositif pour intégrer la dimension liquidité.

En 2009, Alain Papiasse lui confie donc son poste actuel pour relever le défi Bâle III, qui va générer des contraintes de liquidité nouvelles pour toutes les activités de BFI, et de fonds propres pour les activités de marché. « Les BFI européennes, les seules à l’appliquer pour l’instant, sont impactées dans l’ensemble de leurs métiers, ce qui les conduit à adapter en profondeur l'offre de produits vis-à-vis de la clientèle » : son équipe de 80 experts accompagne ainsi les différents « front-offices » pour leur expliquer ce qu’ils peuvent faire ou non et à quel coût.

L'autre aspect du métier consiste à optimiser les ressources du bilan, via des schémas de couverture des risques : « C’est-à-dire à rechercher et à exécuter les couvertures en risque et en liquidité disponibles sur le marché permettant d'optimiser la consommation de ‘ressources rares’ du portefeuille... donc au meilleur coût pour la banque », poursuit celle qui, étudiante, rêvait de devenir écrivain ou metteur en scène. Cette mère de deux enfants est également sensible à la façon dont elle peut accompagner ses collègues dans leur évolution de carrière, notamment quelques femmes qu’elle s'apprête à coacher dans le cadre de la « women leadership initiative » lancée par la DRH du pôle BFI...

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