Témoignage Anne Bellavoine, 50 ans, managing director institutions financières chez Société Générale Corporate and Investment Banking (SG CIB)

« Etre une femme a des avantages : on est moins nombreuses, donc plus visibles »

le 25/10/2012 L'AGEFI Hebdo

« J’ai effectué une grande partie de ma carrière dans les marchés côté vente, et je viens récemment de rejoindre le 'coverage'. Etudiante, je souhaitais travailler dans la finance. J’ai d’abord intégré Axa où j’étais analyste et gérant de portefeuille. En 1986, mon patron, déjà à cette époque, tenait à la mixité dans ses équipes d’investissement. En 1995, j’ai rejoint SG CIB comme directeur de la vente actions sur la France. C’était la première fois qu’une femme de l’extérieur était nommée à un tel poste au sein des marchés actions. Les femmes représentaient entre 25 % et 30 % de mes équipes. A mon niveau de responsabilité, nous étions moins nombreuses. La salle des marchés comptait en majorité des hommes mais je n’ai jamais souffert d’être une femme, ni d’avoir une vie de famille. Pourtant, mes journées commençaient très tôt et finissaient tard, sans compter les voyages (mes enfants étaient alors un peu plus grands). Mes enfants n’ont jamais été un obstacle dans ma vie professionnelle, j’en parlais peu, je ne voulais pas que cela 'intervienne' dans mon travail. Etre une femme a plutôt des avantages : on est moins nombreuses, donc plus visibles en interne comme en externe vis-à-vis des clients. J’entends parfois que les femmes seraient trop 'discrètes'. Lorsque que j’ai quitté la salle des marchés, certains m’ont dit : « Dommage que tu partes, nous aimions ton franc-parler ! ».

A lire aussi