Un homme, une équipe

Eric Viet ajuste les bilans des groupes financiers depuis SG CIB

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

L’équipe « advisory » du département Global Markets est une référence pour les banques et assurances souhaitant optimiser leurs structures actif/passif.

Eric Viet ajuste les bilans des groupes financiers depuis SG CIB

L’ingénierie financière est un point fort de la banque de financement et d’investissement de Société Générale. Le conseil technique à d’autres financières, banques et compagnies d’assurances pourrait le devenir aussi. C’est l’idée de l’équipe - depuis rebaptisée Financial Institutions Advisory (FIA) - constituée entre Londres et Paris en 2007 et dirigée par Eric Viet. « Nous partons du principe que les actifs illiquides ne sont pas tous ‘toxiques’ et qu’il faut optimiser leur financement et l’utilisation de capital réglementaire dans les banques », détaille ce polytechnicien de formation. Ce banquier a aussi une longue expérience du conseil en gestion actif-passif (ALM) et en couverture des risques pour les assureurs et fonds de pension - il a même fondé en 2006 une société pour racheter aux

corporatesleurs fonds de pension.

Des « bad banks » à Bâle III

Constituée d'une quinzaine de spécialistes, l’équipe met d’abord ses expertises au service de Société Générale, puis très vite d’autres institutions financières européennes. « Jusqu’en 2010, le conseil sur la valorisation, la liquidation ou le cantonnement d’actifs dits ‘risqués’ dans les banques a représenté une vingtaine de dossiers », commente Olivier Van Eyseren, directeur en charge des banques. Des missions d’évaluations comme celles sur RPI (Royal Park Investments), sur SFPI (Société Fédérale de Participations et d'Investissement) pour Fortis, sur la valorisation d’un portefeuille de FSA FP pour Dexia, ou de plusieurs bad banks, notamment celles de West LB ou HypoRealEstate, pour le compte de la Commission européenne, etc. « Certaines nécessitaient des murailles de Chine telles que seuls l’expert et l’ingénieur chargés d’analyser la situation et de structurer une solution étaient informés », poursuit le spécialiste en crédits structurés. Autres missions récurrentes dans cette première période, les analyses des risques implicites sur actifs, suivies d'explications aux dirigeants de la banque. Outre un forfait pour les travaux d'évaluation, la rémunération de la banque prenait aussi la forme de revenus d'intermédiation lorsqu'intervenaient des cessions d’actifs auprès d’autres contreparties sur les marchés.

Ces derniers temps, le contexte a évolué, et les actifs résiduels, parfois revalorisés, sont gérés de manière plus ou moins active. « Les marchés sont repartis dans le bon sens et les portefeuilles ont pu s'amortir d'eux-mêmes, ou profiter d’opérations de ‘financement sécurisé du LTRO ('long term refinancing operation', NDLR), coup de pouce de la Banque centrale européenne à l'allègement des bilans pour les actifs de moins de trois ans », rappelle Eric Viet. Aujourd’hui, les missions d'accompagnement dans le secteur sont surtout liées au cadre réglementaire : optimisation du capital, mesure des risques, contraintes de liquidité… « Les changements importants nécessitent une veille accrue pour mesurer leur impact sur les activités bancaires », insiste Olivier Van Eyseren. Vaut-il toujours mieux assortir les prêts aux entreprises à taux variable d'un swap de taux, désormais plus coûteux en capital, ou plutôt s’orienter sur des prêts à taux fixe ? Quelles activités une banque peut-elle conserver en acceptant les nouvelles contraintes? Comment gérer efficacement et transférer les risques de crédit/marché liés à des portefeuilles de dérivés dont une banque est obligée de rester contrepartie ? Des problèmes complexes, que cette équipe expérimentée peut anticiper et solutionner grâce à sa proximité avec les vendeurs, traderset ingénieurs des salles de marché de la banque.

« Nous sommes aussi en première ligne sur l'évolution vers une pratique 'originate-to-distribute', ajoute Eric Viet qui a conseillé le récent partenariat SG CIB-Axa IM sur les prêts aux entreprises moyennes. Prêts aux entreprises, financements d’infrastructures ou de projets… Les investissements de maturité traditionnellement longue doivent pouvoir être souscrits par des assureurs dans le nouvel environnement. »

Solvabilité II

De manière générale, « les banques cherchent de la liquidité et ont besoin de réduire leur consommation en capital ; les assureurs visent des actifs longs adaptés à leurs passifs : nous essayons de faire converger les deux cultures », résume Ludovic Antony, en charge des assureurs en Europe continentale, sans oublier un nouveau cadre réglementaire qui alourdit les charges en capital sur les risques actif-passif. Traditionnellement, certains assureurs européens ont une stratégie d’investissement sur des titres de maturité courte, par exemple à 7 ans, alors que leurs passifs comportent des garanties fixes à long terme, jusqu'à 17 ans, donc élevées par rapport aux taux de réinvestissements actuels et futurs implicites dans les courbes de taux de marché. Il s’agit donc de mettre en place des solutions pour combler le décalage des maturités existant sur le stock et, pour l’avenir, d’effectuer un adossement plus systématique des actifs et des passifs. Rallongement des actifs et utilisation de dérivés pour augmenter synthétiquement la duration des portefeuilles d’actifs sont les deux voies possibles.

« Toutefois, les autorités en charge de Solvabilité II semblent prêtes à introduire des mécanismes visant à atténuer le problème et à diminuer ainsi l’urgence de l’adossement actif-passif », indique Ludovic Antony. En Europe du Nord, des réglementations permettent depuis peu aux fonds de pension et assureurs d’utiliser une courbe « extrapolée » pour les taux d’actualisation de marché au-delà de la maturité 20 ans, ce qui diminue mécaniquement la valeur de leurs engagements de passif. « Cette approche, contraire aux principes de valorisations de marché qui devaient constituer les fondements de Solvabilité II, comporte cependant un risque dans la mesure où, si les taux restent faibles, les rendements futurs ne permettront pas de faire face aux engagements de taux garantis. »

L'équipe, organisée par zones géographiques et par spécialités, analyse ces différents changements et identifie les besoins des clients de la banque qu’elle rencontre quotidiennement. Elle peut aussi apporter, sur demande ou de manière spontanée, des solutions stratégiques plus globales de gestion ALM ou du capital. Lorsque l’assureur ne souhaite pas diffuser trop d’informations dans un premier temps, les travaux reposent sur des bases de données internes complétées par des données publiques. « Pour approfondir, il nous fournira davantage d’éléments nous permettant d’affiner nos propositions, explique Ludovic Antony. L’objectif est de formuler des solutions sur mesure visant à couvrir les risques de ces institutionnels, à réduire leur consommation en capital et à leur permettre de tirer parti de conditions de marchés favorables pour améliorer le rendement de leurs portefeuilles d’actifs. Sont visés les sous-jacents taux et inflation, crédit et actions. » Le travail peut, par ailleurs, être très différent selon que l’équipe agit pour un fonds de pension ou une entreprise.

« Peu à peu, nous avons développé pour accompagner ces financières des compétences structurantes alliant un conseil spécialisé et une capacité d’exécution sur une base multi-sous-jacents que n’ont pas les cabinets traditionnels », conclut Eric Viet.

L'EQUIPE

Karim Traoré, 36 ans, directeur, conseil aux fonds de pensions en Europe

Olivier Van Eyseren, 40 ans, directeur en charge des banques et spécialiste en crédits structurés

Eric Viet, 49 ans, responsable de l’équipe Financial Institutions Advisory

Scott Eason, 38 ans, directeur conseil aux assureurs (UK et Scandinavie)

Nalini Veerapen, 37 ans, directeur, conseil aux banques et spécialiste en crédits structurés

Ludovic Antony, 38 ans, directeur, conseil aux assureurs en Europe continentale

Marcel Dupuis, 55 ans, directeur en charge des financements sécurisés avec les institutions financières

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