PORTRAIT Barbara Rupf Bee, directrice générale de Renaissance Asset Managers

Entre fonds alternatifs et marchés émergents

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Depuis le milieu des années 80, Barbara Rupf Bee, actuelle directrice générale de Renaissance Asset Managers, qui dispose de 3,1 milliards de dollars sous gestion, a enchaîné les postes à responsabilités dans la finance. Impressionnant, le parcours de cette femme de caractère démarre dans la banque d’investissement, notamment chez JPMorgan : « Il s’agissait simplement d’une évolution, confie-t-elle. Je n’ai jamais eu de plan de carrière mais il fallait que mes choix soient motivés par un défi intellectuel. » Le tournant s’opère en 1999 quand cette professionnelle se laisse tenter par la gestion d’actifs : elle est alors nommée directrice générale de CreInvest, un fonds de hedge fund initié par Julius Baer : « Les ‘hedge funds’ constituaient des boîtes très fermées avant LTCM (le fonds américain long term Capital Management LP, NDLR), rappelle-t-elle. Le pouvoir réglementaire a ensuite changé la donne et a poussé ce secteur à s’ouvrir. A cette époque, le défi était réellement de savoir comment en extraire de la valeur et en faciliter l’accès pour une base d’investisseurs plus large. »

La suite de sa carrière lui permet de perfectionner sa connaissance des fonds alternatifs : après quelques années passées chez Union Bancaire Privée à Zurich, elle intègre HSBC en 2003 où elle s’occupe dans un premier temps du développement et des ventes de la division alternative au sein de la banque privée du groupe. Un constat à la clé : « Les niveaux de compétences pour les gérants de fonds alternatifs doivent être aujourd’hui plus élevés que par le passé, juge-t-elle. Or les techniques qui vous permettent de trouver ces zones lacunaires dont on peut extraire de la valeur ne s’apprennent pas sur les bancs de l’école. C’est un art et non une science et seul le talent permet d’y parvenir. » Nommée ensuite responsable mondiale des ventes institutionnelles au sein de la division de gestion d’actifs de HSBC, Barbara Rupf Bee découvre alors le potentiel des marchés émergents. Renaissance AM, qu’elle dirige depuis début 2012, la propulse ensuite directement au cœur de ce segment en lui faisant découvrir de nouveaux marchés, à l’image des pays d’Europe centrale, de l’Afrique et des marchés frontières. Depuis son arrivée, elle se concentre notamment sur l’Afrique subsaharienne, un continent qui ne bénéficie pas de suffisamment d’attention selon elle. « L’investissement dans les marchés émergents doit être perçue comme un chemin intéressant et non comme une lueur au loin », conclut-elle.

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