L’avis de… Tatiana Prokayeva-Ross, directrice générale du cabinet de coaching CityShrink

« La culture bancaire ne laisse aucune place à l'échec »

le 03/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Les stages de « summer internship » sont-ils toujours prisés des jeunes diplômés ?

De nombreux stagiaires continuent à rêver d’un emploi dans la finance dans la mesure où ce secteur reste très prestigieux, en dépit de la crise financière et d’une réputation ternie. Il est donc très tentant pour ces jeunes gens, souvent brillants et compétitifs, de travailler jusqu’à des heures tardives afin de se distinguer de la concurrence. Au prix parfois de risques inconsidérés : ils s’affaiblissent par manque de sommeil, de nourriture et deviennent moins attentifs. L’ambition reste néanmoins le moteur de ces jeunes, qui ont du mal à écouter les conseils de prudence qu’on peut leur prodiguer.

Est-ce propre à la culture du secteur financier ?

Dans ce milieu, la pression des pairs est telle que le stagiaire est tenté de cacher ses faiblesses, même si, au fond, beaucoup de ces jeunes ressentent un profond sentiment de solitude et de désamour. Un stage représente souvent une expérience très riche mais il peut aussi être le premier pas vers la destruction d’une vie dans laquelle ces jeunes gens ne peuvent plus montrer ce qu’ils sont réellement. Car la culture bancaire est une culture où l’échec n’a aucune place. Tout y est question d’excellence et de perfection.

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