L'avis de... Philippe Burger, associé rémunérations et avantages sociaux chez Deloitte

« Changer les mentalités prend du temps »

le 11/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Après plusieurs années de forte chute de leurs bonus, quel est le sentiment des banquiers dans les BFI* ?

Les banques se sont efforcées ces dernières années de faire évoluer leurs systèmes de rémunération pour changer une culture du résultat basée principalement sur le produit net bancaire et les performances individuelles. Ce fut un bouleversement puisque l'on a fortement modifié les critères de mesure de la performance des collaborateurs. Aujourd'hui, il y a une prise de conscience assez forte sur la création de valeur à long terme, tenant compte de l'ensemble des coûts (coût du capital, liquidité, etc.) et limitant la prise de risque excessive. Mais changer les mentalités prend du temps, et dans certains métiers où la part variable demeure importante, le bonus reste un « driver » des comportements des financiers.

Ce changement de culture a-t-il incité certains à rejoindre d'autres types d'acteurs dans le secteur financier ?

La crise a durement touché les BFI, et les professionnels sont très prudents. Cela se traduit chez eux par une plus faible mobilité. En 2008, l'étude MobiCadres menée par Deloitte et Nomination indiquait un taux de mobilité dans ce secteur de 28 %, puis de 27 % en 2009 pour baisser à 20,4 % en 2010 et 19,9 % l'année passée.

*Banques de financement et d'investissement.

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