PORTRAIT Greg Ehret, vice-président exécutif, responsable de la région Emea au sein de State Street Global Advisors

Une carrière au sein de State Street

le 15/06/2012 L'AGEFI Hebdo

A une époque où la loyauté et la fidélité à son entreprise ne constituent plus la règle, Greg Ehret, actuel vice-président et responsable de la région Emea pour State Street Global Advisors, constitue une véritable exception : « Au cours de mes 19 années pour State Street, j’ai occupé 13 postes différents, explique-t-il. Cette entreprise m’a donné l’occasion d’avoir un chemin de carrière diversifié et intéressant. D’où ma loyauté. » Les débuts sont dynamiques : alors qu’il enchaîne les postes dans l’activité de conservation d’actifs (custody) au début des années 90 aux Etats-Unis, Greg Ehret travaille aussi parallèlement à l’obtention d’un MBA à l’université de Boston. Un emploi du temps très chargé qui le pousse à faire une pause : une année au ski en famille le tente mais ce sont finalement les Bermudes qui l’accueilleront à bras ouverts pendant douze mois à la fin des années 90 au sein de State Street. C’est à son retour en 2000 qu’il rejoint la division Global Advisors, dont les actifs sous gestion atteignent aujourd’hui 1.500 milliards d’euros. Il y sera notamment responsable de fonds offshore et, plus tard, responsable du lancement des ETF (exchange-traded funds), un secteur dont le dynamisme et la croissance explosive continuent aujourd’hui encore à le passionner : « On ne s’attend jamais à voir une classe d’actifs croître de 30 % par an pendant une décennie, souligne-t-il. Evidemment, quand il s’agit de 15 milliards de dollars, c’est une chose mais quand vous parlez d’une industrie de 400 milliards de dollars, on aborde une autre dimension. »

En 2006, le professionnel franchit l’Atlantique direction Londres où il occupe alors le poste de responsable des ventes et du marketing, avec une inflexion sur le secteur des ETF, avant d’être promu à son poste actuel. Au cours de ses nombreux voyages - il essaie de visiter les pays dont il a la charge au moins deux fois par an -, il apprend les différences culturelles entre les pratiques d’investissement : la sophistication des pays nordiques, la domination des trustees outre-Manche ou encore la suprématie de l’assurance en France ou en Italie. Sur l’état de l’industrie, le professionnel, dont l’entreprise a finalisé le rachat de Bank of Ireland Asset Management il y a un an, ne doute pas de la poursuite d’un cycle de consolidation : « Les barrières d’entrée dans le secteur de la gestion d’actifs sont très basses, estime-t-il. Les boutiques seront toujours des start-up et elles auront toujours besoin de procéder, à un moment ou à un autre, à un événement de liquidité en se vendant à une autre entreprise. » State Street GA participera-t-elle à ce mouvement ? « Nous sommes actuellement bien occupés à nous concentrer sur notre croissance organique », conclut-il.

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