Dossier BONUS

CAPITAL-INVESTISSEMENT - Inquiétudes sur le « carried interest »

le 25/04/2013 L'AGEFI Hebdo

L’an passé, les professionnels du capital-investissement avaient le sourire. Ils l’ont perdu en 2013. « Avec les difficultés sur les levées de fonds (liées notamment à l’évolution de la fiscalité), on observe une modération sur les salaires et les bonus dans les fonds d’investissement », déclare Sophie Wigniolle, directrice générale d’Eric Salmon & Partners, qui rappelle que « les packages de rémunération globale (fixe + bonus) varient nettement entre les fonds anglo-saxons (qui sont dans le haut de la fourchette) et les fonds d’Europe continentale ». Contrairement à ce qui est pratiqué dans les banques, les bonus dans le private equity sont entièrement distribués en cash et ne sont pas différés sur plusieurs années. Ces primes sont liées au sourcing réalisé, aux nouveaux investissements, à la performance de l’année… « Mais le vrai levier reste le 'carried interest' », avertit Sophie Wigniolle. Les sorties en 2012 ont-elles permis aux gérants de toucher cette forme d’intéressement sur la plus-value réalisée (en général 20 %) par leur fonds d’investissement ? « Pour certains, le 'carried' sera nul. Sur les millésimes antérieurs, d’autres pourront toucher du 'carried', répond la dirigeante d’Eric Salmon & Partners. Les approches diffèrent : certains fonds jouent le 'carried' en y associant les plus jeunes, tandis que d’autres misent davantage sur le fixe et le bonus. » Mais dans le cadre de la directive AIFM (Alternative Investment Funds Managers), le carried interest pourrait bientôt être encadré, en étant considéré comme un bonus si le gérant touche un pourcentage de la performance du fonds sans y avoir investi. Et s’il est considéré comme tel, il sera plafonné au montant du salaire fixe (ou deux fois le fixe avec l’approbation d’au moins 66 % des actionnaires).

A lire aussi