Le Baromètre de la banque

Les cadres de la banque scrutent le marché de l’emploi malgré la crise

le 11/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Stress et manque de perspectives dans leurs carrières incitent les salariés sondés en septembre à accroître leur « écoute active ».

Désormais les risques psychosociaux concernent aussi les établissements financiers, et pas uniquement dans la banque de détail. C’est ce qui ressort de la nouvelle version du huitième Baromètre de la banque. L'étude trimestrielle réalisée par Michael Page en partenariat avec L’Agefi* intègre pour la première fois une question liée au stress au travail. Il en ressort que 46 % des salariés répondants s'estiment « souvent face à des situations stressantes ». Ceux exerçant dans les réseaux sont les plus nombreux à l’affirmer (voir le graphique 1). Mais la banque de financement et d’investissement (BFI) n’est pas en reste avec 46 % de cadres qui reconnaissent être « tout à fait » dans ce cas, comme les services financiers spécialisés (SFS) avec 44 % de salariés sous pression. Les gérants d’actifs et les banquiers privés sont pour leur part un peu moins affirmatifs sur cette question, en admettant néanmoins l’existence du stress dans leurs métiers.

Cette donnée pourrait expliquer que les professionnels sont maintenant plus attentifs au marché de l’emploi, même si le contexte actuel n’est pas très porteur en termes de recrutement. Dans les réseaux, l’écoute active atteint 48 %, contre 41 % en novembre 2011 (date du dernier baromètre), et encore davantage dans la BFI (graphique 2) : 60 % contre 44 % à la fin de l’année passée. Si les gérants et les banquiers privés affichent eux aussi un taux d’écoute en nette hausse par rapport à la précédente étude, ce sont les salariés des SFS qui sont les plus en alerte dans le secteur, à 69 %. Cette posture renvoie à une autre donnée du baromètre : les perspectives d’évolution dans l'entreprise qui font particulièrement défaut dans les SFS, à en croire 61 % des cadres de ce métier. Dans la BFI, 51 % disent qu’ils n’en ont pas, et 53 % dans la gestion d’actifs. Ce chiffre est bien moins élevé dans la banque privée et les réseaux.

La rémunération, le facteur clé

Dans tous les métiers, la rémunération demeure une préoccupation, sur fond de crise et de plans sociaux dans les trois grandes BFI françaises. Parmi les facteurs d’incitation à la mobilité, cet élément ressort globalement toujours loin devant les autres, à 80 % (graphique 3) : un niveau qui n’a quasiment pas évolué depuis novembre 2010 ! Il est ainsi surtout mentionné dans les réseaux et la banque privée (à 82 % dans les deux métiers, après respectivement 87 % et 84 % en novembre 2011) et la gestion (77 %, après 74 %), contre 72 % dans les SFS et 74 % dans la BFI (après 70 % en novembre de l’année passée). D’ailleurs, en réponse à la question d’actualité sur leurs attentes au plan salarial, 51 % des financiers de la BFI tablent sur un gel global de leur rémunération, comme 39 % des banquiers privés. Tandis que la moitié des cadres des réseaux espère une hausse de leur salaire fixe. Dans la gestion d’actifs et les SFS, les avis sont plus partagés. Ainsi, chez les gérants, 38 % anticipent une augmentation de leur fixe alors qu’une autre part de 38 % prévoit un gel total. De même, 38 % des collaborateurs des SFS disent attendre une hausse sur leur fixe mais 31 % sont pessimistes. La saison des négociations salariales annuelles qui est en train de démarrer dans les banques promet d’être tendue. Et elle provoquera sans doute des déceptions.

*L’étude a été menée en septembre 2012 auprès de 356 professionnels exerçant dans différents métiers : banque de détail (58 % des répondants), services financiers spécialisés (11 %), banque de financement et d’investissement (10 %), banque privée (8 %) et gestion d’actifs (4 %). A une large majorité, les sondés sont des hommes, âgés de 30 à 40 ans (51 % dans le baromètre global).

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