Baromètre de la banque

Les cadres de banque envisagent l’évolution de l’emploi avec gravité

le 15/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Dans la BFI, 56 % des salariés sondés en novembre se disent peu confiants, un niveau jamais atteint depuis le lancement du Baromètre fin 2009.

De toute évidence, les plans sociaux annoncés dans certaines banques de financement et d’investissement (BFI) françaises sapent le moral des salariés du secteur bancaire. Leurs inquiétudes concernant l’évolution du marché de l’emploi ressortent en effet de façon très nette dans la septième édition du Baromètre de la banque, l’enquête trimestrielle réalisée par Michael Page en partenariat avec L’Agefi*. Sans surprise, la perte de confiance dans l’emploi est la plus marquée chez les cadres de la BFI. Ces derniers sont 56 % à se dire « peu confiants » (un niveau jamais atteint jusque-là, voir le graphique 1). Seulement 21 % sont encore « confiants » contre 62 % il y a un an et 57 % en juillet dernier.

Les gérants divisés sur l’emploi

Dans la gestion d’actifs et la banque privée, les professionnels se montrent divisés, avec une part de pessimistes et une autre d’optimistes. Ainsi, 41 % des gérants sont « confiants » et 47 % « peu confiants ». Il y a un an, 61 % d’entre eux étaient « confiants » et ils étaient 58 % en juillet. Dans les réseaux (54 % des répondants), après 70 % de « confiants » l’an passé et 72 % il y a trois mois, cette part a chuté à 57 % en novembre. Seuls les cadres des services financiers spécialisés se montrent peu inquiets avec toujours 63 % de confiants en novembre, contre 69 % en juillet et 65 % l’an dernier. Malgré ce climat, le traditionnel entretien annuel d’évaluation reste bien perçu dans tous les métiers, et particulièrement chez les gérants dont une large majorité (voir le graphique 2) le considère comme utile. Les plus sceptiques se trouvent dans les services financiers, avec 54 % jugeant cet entretien utile mais 27 % le trouvant stressant. C’est aussi un avis que partagent 19 % des financiers de la BFI. De façon générale, « la part des candidats attentifs du marché reste importante », observe Pierre-Emmanuel Dupil, directeur général de Michael Page. Par métiers, les tendances laissent apparaître des contrastes.

Après avoir grimpé à 67 % lors du dernier Baromètre, l’écoute active des gérants et des banquiers privés faiblit à respectivement 53 % et 41 %. De même pour les salariés des réseaux, qui réduisent leur écoute active à 41 %, après 60 % en juillet et 53 % un an auparavant. Dans la BFI aussi, elle baisse : à 44 % en novembre, contre 61 % l’an dernier et 51 % cet été. Mais cela n’empêche pas les professionnels de toujours considérer la rémunération comme le premier facteur pour bouger. Dans le baromètre global, ce critère est ainsi cité à 81 % (voir le graphique 3), un niveau presque inchangé depuis juillet et l’an passé (où il était à 82 %). Les collaborateurs des réseaux le mentionnent à 87 %, contre 86 % en juillet et 88 % en 2010, tandis que les gérants et banquiers privés sont même plus nombreux à l’évoquer comparé à l’année et au trimestre derniers. La rémunération est en effet déterminante pour 74 % des gérants (et pour 84 % des banquiers privés), en hausse de 9 points en rythme trimestriel et de 5 points en glissement annuel. Mouvement inverse dans la BFI avec 70 % de professionnels prêts à changer d’employeur sur la base du critère de la rémunération, alors qu’ils étaient 84 % en juillet et 75 % l’année précédente. Ce qui tend à indiquer que ces financiers ne se font pas beaucoup d’illusions sur la courbe des salaires (et de leur bonus) dans leur métier.

*L’étude a été menée en novembre 2011 auprès de 406 professionnels exerçant dans les différents métiers : banque de réseau (54 % des répondants), banque de financement et d’investissement (14 %), services financiers spécialisés (12 %), banque privée (12 %) et gestion d’actifs (8 %). A une large majorité, les sondés sont des hommes, âgés de 30 à 40 ans (49 % dans le baromètre global) et qui occupent leurs postes depuis plus de trois ans (45 %).

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