PORTRAIT Alice Lhabouz, présidente et cofondatrice de Trecento Asset Management

« C’est une chance de construire et mener sa propre stratégie »

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Après cinq années passées dans des sociétés de gestion, Alice Lhabouz fait un choix qui va bouleverser sa carrière : « En 2011, une belle maison de gestion m’avait fait une offre pour être gérante. J’avais déjà passé huit entretiens et même si le poste et la rémunération étaient très attractifs, j’ai pensé que j'allais me retrouver à nouveau dans un environnement trop rigide à mon goût. J’ai décliné cette proposition pour créer Trecento Asset Management. »C’est avec un ancien camarade d'école de commerce, Julien Jérémie, aujourd’hui directeur général de Trecento AM, que la jeune femme de 31 ans entreprend ce projet. « Nous nous étions promis qu’un jour, nous créerions ensemble une société de gestion »,raconte celle qui dit être « née entrepreneuse »car ses parents ont été eux-mêmes créateurs d’entreprise. Pour lancer Trecento AM, elle fait appel à une dizaine de dirigeants d’entreprise qui apportent 600.000 euros de fonds propres. « Ils constituent aussi un comité des sages qui partagent leur expertise sectorielle avec mes deux gérants », précise cette passionnée de musique qui joue de la guitare et du piano. Aujourd’hui, elle se réalise pleinement comme chef d’entreprise : « C’est une chance de construire et mener sa propre stratégie, c’est une expérience fabuleuse car tout part d’une feuille blanche. A présent, j’ai des bureaux, une équipe. Récemment, La Française AM est entrée au capital après huit mois de négociations. Le mérite peut payer ! »Sensible à la question de la promotion des femmes dans la finance, elle observe que « les choses évoluent, mais doucement. Ce sont des métiers de réseaux et je sens encore parfois une forme de mépris ». La jeune créatrice d’entreprise raconte : « J’étais arrivée en avance à un rendez-vous professionnel dans un club privé. On ne m’a pas laissé attendre mon interlocuteur sous prétexte qu'une femme ne peut pas traverser la cour sans être accompagnée !' »Elle exprime d’ailleurs un regret : « Je souhaitais recruter des femmes-gérantes mais je n’en ai trouvé aucune… »

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