Baker & McKenzie veut encore croître en France

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Le numéro un mondial, à Paris depuis cinquante ans, veut figurer parmi les cinq premiers cabinets d’avocats français dans les trois ans à venir.

Baker & McKenzie envisage la croissance externe pour se développer en France. Photo: Philippe Bonnet

L’américain Baker & McKenzie, le premier cabinet mondial d’avocats d’affaires, fête son cinquantième anniversaire de présence en France. Les festivités débuteront le 8 mai prochain, non dans le bel hôtel particulier du 1 rue Paul Baudry, dans le VIIIe arrondissement de Paris, mais… à Casablanca, au Maroc ! « La célébration des 50 ans de Baker & McKenzie en France va être lancée avec l’inauguration officielle du bureau de Casablanca, dont nous sommes proches, ayant participé à sa création », explique Eric Lasry, managing partner du cabinet à Paris. Le brésilien Eduardo Leite, président monde de la firme, assistera à la cérémonie, en présence d’une vingtaine d’avocats, de différents pays. Il s’agira donc d’un anniversaire très international, à l’image de Baker & McKenzie.

Créé en 1949, le géant américain, qui compte aujourd’hui plus de 4.000 avocats dans le monde, s’est internationalisé très tôt. Son chiffre d’affaires global a atteint 2,31 milliards de dollars en 2012 : 28 % en Asie, 34 % en Amérique du Nord et Amérique du Sud et 38 % en Europe, Moyen-Orient et Afrique. En 1963, Wallace Baker, fils de Russell Baker, le fondateur de la firme, ouvre un bureau à Paris. Baker & McKenzie France se développe progressivement, sans acquisition. « Nous avons grandi par croissance interne, par le biais de recrutements d’avocats français », souligne Eric Lasry. Parmi ces recrues figure notamment Christine Lagarde, qui gravira tous les échelons, d’associée du bureau parisien en 1987 à présidente monde de Baker & McKenzie en 1999.

Aujourd’hui, Baker & McKenzie France compte 170 avocats, dont 30 associés à Paris. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 86,1 millions d’euros en 2012, en hausse de 6,8 %, malgré la crise. « Nous avons fait le choix d’être présent dans tous les domaines du droit des affaires, d’être un cabinet 'full service', avec des compétences particulièrement reconnues en fiscalité, en fusions et acquisitions, ou encore en nouvelles technologies de l’information. Cela nous permet de mieux résister à la crise », confie Eric Lasry. Le cabinet a par ailleurs décidé de se renforcer dans des domaines telle la restructuration d’entreprises en difficulté. A l’heure actuelle, l’activité serait soutenue en matière de contentieux fiscal, de droit public des affaires et d’investissement en direction et en provenance des pays émergents.

Une acquisition envisageable

« Nous avons atteint la maturité. Nous sommes devenus un acteur clé du marché », déclare Eric Lasry. Toutefois la concurrence est forte, d’autant que les cabinets français possèdent de très bonnes compétences en droit fiscal et social. L'américain ne figure qu’à la huitième place du classement en France, derrière les britanniques Clifford Chance et Linklaters, implantés respectivement depuis cinquante et quarante ans, sans rapport avec son rang dans le monde (voir le tableau). Mais justement, appartenir à une firme mondiale constitue un atout de taille à l’heure où les entreprises françaises s’internationalisent. « Le client veut désormais un accompagnement international de qualité, note le managing partner. L’avocat doit être capable de le conseiller dans le monde entier. »

Baker & McKenzie France veut continuer de grandir. « Notre objectif est de figurer parmi les cinq premiers cabinets français dans les trois ans qui viennent », déclare Eric Lasry. Comment ? « Nous allons continuer à recruter », indique Eric Lasry. La croissance externe pourrait aussi être envisagée, à un moment où le marché est fragilisé par la crise et où d’autres cabinets américains, arrivés plus récemment, procèdent à des rachats (lire l’entretien). « Je suis très attentif à ce qui se passe sur le marché, souligne-t-il. Il y a des cabinets d’avocats de grande qualité qui sont confrontés à des questions de succession. Je n’exclus pas une acquisition. »

Au niveau mondial, la firme veut également continuer de grandir. Sur fond de fusions dans le secteur, un rapprochement avec un autre grand ne serait pas à exclure, selon Eric Lasry, pour se renforcer géographiquement. Cependant, chaque associé disposant d’une voix chez Baker & McKenzie, une telle opération devrait être validée par 75 % de ses 750 associés…

En attendant, le cabinet américain poursuit son internationalisation, en ouvrant des bureaux, ou en effectuant des acquisitions ciblées, dans les pays émergents. Le 17 avril, il a annoncé un rapprochement avec un cabinet des Emirats Arabes Unis, Habib Al Mulla, qui compte plus de 40 avocats, renforçant ainsi sa présence au Moyen-Orient. Grâce à cette opération, il compte désormais 130 collaborateurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et 73 bureaux au total dans 45 pays du monde.

A lire aussi