PORTRAIT Nathalie Gay-Guggenheim, chief operating officer Global Markets chez HSBC

« Assumer ses choix professionnels »

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

J

e n’ai jamais planifié. En réalité, j’ai connu une succession de projets et d'environnements attirants », explique Nathalie Gay-Guggenheim, chief operating officer de HSBC à Paris depuis février, à propos de son riche parcours. Après de brillantes études (DEA droit communautaire, DEA monnaie-finance-banque, IEP, concours de la Commission européenne), elle débute finalement en 1989 comme économiste (puis vendeuse de produits de marché) chez CIC Paris, avant de rejoindre la Commission des opérations de Bourse (COB), puis la direction du Trésor (bureau Epargne et Marchés financiers), et de revenir dans le privé via Crédit Lyonnais/Crédit Agricole AM, naturellement comme responsable de la conformité.

Ces diverses expériences l’amènent vers la banque d’origine britannique en 2004 : responsable de la conformité Global Banking & Markets d’abord, puis responsable aussi des « affaires publiques ». Une casquette de lobbyiste qu’elle conserve en 2011 lors d’un passage aux marchés de capitaux, et dans son nouveau poste désormais. « J’ai eu la chance de rencontrer des managers qui m’ont toujours tirée vers le haut et d’être entourée d’équipes robustes », reconnaît-elle. Aujourd’hui, le rôle de son équipe d’une vingtaine de personnes est de contribuer au bon fonctionnement opérationnel de la salle des marchés et de coordonner les relations du front-office (environ 300 professionnels à Paris) avec les fonctions supports et des risques, tout en gérant les budgets et audits réguliers.

« Ce poste nécessite d’être à l’écoute pour proposer des solutions pragmatiques et rigoureuses. » Sans compter les chantiers réglementaires à étudier en parallèle. Et une vie familiale prenante « avec trois enfants, huit en ‘base consolidée’... On m’avait recommandé de gagner mon indépendance : après, il faut assumer ses choix sans culpabiliser, conclut celle qui encourage aussi les jeunes femmes de la banque via l’association 50/50. Je me sens bien dans ce groupe qui permet à des femmes d’être identifiées pour leur talent. Il est important que les entreprises jugent les collaborateurs sur leurs résultats, encouragent les femmes à ‘se mettre en risque’ et acceptent des carrières moins linéaires. »

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